La rentrée scolaire est effective en Ituri. Les enfants ont repris le chemin de l’école, les enseignants ont retrouvé leurs salles de classe et les parents espèrent une année scolaire normale. Mais dans le contexte sanitaire actuel, une question mérite d’être posée sans détour : avons-nous réellement donné aux écoles les moyens de protéger ceux qui y passent chaque journée ?
Sur le terrain, les besoins restent importants. Une école appelée à accueillir des dizaines, voire des centaines d’enfants doit pouvoir disposer d’eau potable, de chlore, de dispositifs de lavage des mains et de thermoflashs. Ce ne sont pas des équipements de luxe. Ce sont des moyens élémentaires pour faire de la prévention une réalité. Lorsque l’eau manque, lorsque le chlore fait défaut ou lorsqu’un établissement ne dispose pas de suffisamment de thermoflashs, les consignes sanitaires risquent de rester de simples recommandations.
C’est justement l’une des préoccupations soulevées dans cette chronique. Il faut que l’État puisse renforcer les moyens de fonctionnement accordés aux écoles. Les établissements doivent être suffisamment accompagnés pour disposer des produits et équipements nécessaires à la prévention. On ne peut pas exiger des écoles une riposte sanitaire efficace sans leur donner les outils pour la mener.
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Mais protéger les enfants ne signifie pas seulement contrôler leur température ou installer un point de lavage des mains. Il faut également regarder les conditions dans lesquelles ils apprennent. Des salles trop exiguës, des effectifs importants et une forte promiscuité peuvent compliquer l’application des mesures préventives. À l’école, les enfants se déplacent, jouent, échangent et se côtoient. Cette réalité impose donc une vigilance permanente des enseignants et des responsables scolaires.
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Et cette vigilance doit commencer par l’information. Un enfant bien informé devient lui-même un acteur de prévention. L’enseignant doit connaître les gestes à faire et les comportements à éviter. Le parent doit être capable de reconnaître une situation inhabituelle et de savoir vers quel service se tourner. L’administration scolaire, elle, doit disposer d’un mécanisme clair pour réagir rapidement en cas d’alerte.
Il faut également poser la question des moyens humains. Une école ne peut pas porter seule toute la responsabilité de la surveillance sanitaire. Dans un contexte d’épidémie, l’accompagnement des services de santé et des partenaires devient essentiel. Les établissements doivent pouvoir bénéficier d’un appui technique et, lorsque cela est nécessaire, de personnels capables d’orienter rapidement les cas suspects vers les structures sanitaires appropriées.
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Au fond, la question est simple : voulons-nous seulement rouvrir les écoles ou voulons-nous créer les conditions pour qu’elles restent ouvertes en toute sécurité ? La réponse ne se trouve pas uniquement dans les discours. Elle se mesure à la disponibilité de l’eau, du chlore, des thermoflashs, des dispositifs de lavage des mains, à la qualité des espaces scolaires et à la capacité des enseignants et des communautés à réagir.
La rentrée scolaire ne doit donc pas être seulement une victoire administrative. Elle doit aussi être une réussite sanitaire. Protéger l’école, c’est protéger les enfants, les enseignants, les familles et toute la communauté. Et pour y parvenir, les bonnes intentions ne suffisent pas : les écoles ont besoin de moyens à la hauteur des responsabilités qu’on leur confie.
Chronique de Joël Heri Budjo




