L’annonce de l’arrivée à Bunia d’une équipe de médecins ougandais pour renforcer la riposte contre la maladie à virus Ebola continue de susciter des réactions. L’acteur politique Bruno Akilisende estime que cette décision reflète un manque de confiance envers les professionnels de santé congolais déjà mobilisés dans la lutte contre l’épidémie en Ituri.
S’exprimant devant la presse ce lundi 6 juillet 2026 à Bunia, Bruno Akilisende a rappelé que le gouvernement avait d’abord déployé des médecins venus de Kinshasa, présentés comme des experts, avant d’annoncer l’arrivée d’une équipe médicale en provenance de l’Ouganda. Selon lui, cette nouvelle décision soulève des interrogations sur la gestion de la riposte et sur l’efficacité des équipes déjà engagées sur le terrain.
L’acteur politique estime que les compétences locales ne sont pas suffisamment valorisées, alors que les professionnels de santé de l’Ituri disposent, selon lui, de l’expérience et de la connaissance du terrain nécessaires pour contribuer efficacement à la lutte contre Ebola. Il considère que cette maîtrise du contexte local constitue un atout majeur, notamment en matière de sensibilisation et de communication avec les communautés.
Bruno Akilisende affirme également que plusieurs prestataires locaux impliqués dans la riposte accusent des retards de paiement, tandis que les équipes venues d’autres provinces ou de l’étranger bénéficieraient, selon lui, d’une prise en charge plus rapide. À ses yeux, cette situation risque de démotiver les intervenants locaux et de compromettre l’efficacité de la riposte.
Il critique par ailleurs la stratégie de communication mise en œuvre autour de l’épidémie. Selon lui, certains messages adressés à la population ont davantage alimenté la méfiance envers les services de santé qu’ils n’ont renforcé la confiance. Il appelle ainsi les autorités à revoir leur approche en matière de communication sur Ebola.
Parmi ses recommandations, Bruno Akilisende demande au gouvernement de mieux valoriser les compétences disponibles en Ituri, de garantir un traitement équitable entre les prestataires locaux et les équipes venues d’autres provinces ou de l’étranger, ainsi que d’améliorer les conditions de travail des intervenants engagés dans la riposte.
Ces déclarations interviennent alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la résurgence de la maladie à virus Ebola en Ituri, avec l’appui de plusieurs partenaires nationaux et internationaux.
Eugène Laro
