La rentrée scolaire est effective en Ituri. Mais derrière l’ouverture des écoles, une question demeure dans l’esprit de nombreux parents : comment, concrètement, les enfants vont-ils apprendre dans les zones où l’enseignement à distance est prévu ? Entre les annonces des autorités et leur application sur le terrain, le flou persiste encore.
Les parents ne s’opposent pas aux mesures prises pour protéger les enfants face à Ebola. Ils demandent simplement à comprendre la méthode. Une décision peut être bonne sur le papier, mais elle doit être suffisamment expliquée pour être comprise et appliquée par ceux qui sont concernés. Beaucoup se souviennent encore de l’expérience de l’enseignement à distance pendant la Covid-19, jugée peu concluante dans plusieurs milieux en Ituri.
Une autre préoccupation concerne la durée et l’organisation des apprentissages. Il est question, notamment, de remettre aux parents des notes ou fiches pédagogiques toutes les deux semaines. Mais une interrogation demeure : les enfants doivent-ils rester à la maison ou se rendre à l’école pour recevoir ces enseignements ? Cette différence est essentielle, car les parents doivent savoir précisément quoi faire, quand le faire et comment accompagner leurs enfants.
Lire aussi Ituri : à l’école, la riposte sanitaire ne doit pas se limiter au lavage des mains
La difficulté est encore plus grande pour les élèves de première année primaire, dont certains découvrent à peine l’école et le contact avec leur enseignant. Peut-on réellement apprendre à lire, écrire et compter sans un accompagnement régulier du maître ? C’est l’une des questions que les autorités éducatives et les pédagogues doivent prendre le temps d’expliquer aux familles.
En définitive, les parents ne demandent pas l’impossible. Ils demandent simplement qu’on leur montre le chemin. Dans une situation sanitaire aussi sensible, la clarté de l’information est indispensable pour éviter les malentendus et garantir la continuité de l’éducation. Informer les parents, c’est aussi protéger l’année scolaire des enfants.
Chronique de Joël Heri Budjo




