Dans plusieurs marchés de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, la vente massive de pommes de terre à moitié pourries suscite l’inquiétude des spécialistes de la santé. Cette pratique, de plus en plus répandue, représente un risque sanitaire majeur pour les consommateurs.
Interrogé par visibiliemediapro.cd, le nutritionniste Kaseka Prince alerte sur les dangers liés à la consommation de tubercules altérés. Selon lui, ces produits peuvent provoquer divers troubles digestifs tels que maux de ventre, nausées, vomissements et diarrhées.
« Tout aliment à moitié pourri contient des toxines dangereuses pour la santé humaine. En ce qui concerne la pomme de terre, elle renferme une substance appelée solanine, très nocive pour l’organisme », explique-t-il.
La solanine est une toxine naturelle produite par la pomme de terre lorsqu’elle est exposée à la chaleur, à l’humidité ou à une mauvaise conservation.
« Cette toxine sert de mécanisme de défense, mais elle devient dangereuse pour l’homme. Sa consommation peut entraîner de graves troubles digestifs et, dans certains cas, des intoxications alimentaires », ajoute le spécialiste.
Face à cette situation, le nutritionniste déconseille fermement la consommation de tout aliment présentant des signes de dégradation ou mal conservé.
« Une pomme de terre pourrie doit être immédiatement jetée. Tout aliment mal stocké ou étalé à même le sol est potentiellement contaminé et impropre à la consommation », insiste-t-il, appelant les vendeurs à privilégier la santé publique au détriment du gain.
Du côté des commerçants, la réalité économique semble primer sur les considérations sanitaires. Une vendeuse rencontrée sur un marché de Bunia évoque les difficultés financières des ménages.
« Beaucoup préfèrent acheter en grande quantité, même si les produits sont abîmés. Ils ignorent les risques qu’ils courent. L’odeur seule de ces pommes de terre suffit à montrer qu’elles ne sont pas bonnes pour la consommation », témoigne-t-elle.
Selon les vendeurs, les pommes de terre vendues à Bunia sont importées du Kenya et de l’Ouganda. En raison de la distance et de l’état dégradé de la Route Nationale 27 (RN27), ces produits arrivent souvent en mauvais état.
Face aux risques évoqués, les nutritionnistes appellent les autorités sanitaires et les services de contrôle des marchés à renforcer la surveillance et à retirer les produits impropres à la consommation. Ils exhortent également les citoyens à faire preuve de vigilance et à privilégier leur santé.
Denis Munguriek




