Le député national John Kabeya Mbonda, élu de Kipushi (Haut-Katanga), a dénoncé devant l’Assemblée nationale des dérives dans la gestion de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Il accuse certains gouverneurs militaires d’intimidations contre les députés originaires de ces provinces lorsqu’ils critiquent les abus liés aux opérations militaires ou à la gestion administrative.
« Nous prenons la parole ce jour pour lancer un cri d’alarme », a déclaré John Kabeya, évoquant « une dérive sans précédent » dans les provinces en proie à l’insécurité.
Selon lui, alors que les populations continuent de subir les attaques armées, l’état de siège est parfois utilisé comme « instrument d’oppression politique et de musèlement des élus ». Il regrette que les interventions des députés lors des débats sur la prorogation de cette mesure entraînent souvent menaces et accusations.
« Nos collègues qui dénoncent certains faits liés aux opérations ou à la gestion administrative deviennent des cibles d’intimidations et parfois de fausses accusations de la part des gouverneurs militaires », a-t-il affirmé.
Kabeya a également défendu les initiatives de solidarité menées par les députés en faveur des populations de l’Est et de l’effort de guerre. Assimiler ces actions à un soutien à l’insurrection, estime-t-il, revient à décourager l’élan patriotique :
« Qualifier cette solidarité parlementaire à l’effort de guerre d’un acte de participation à un mouvement insurrectionnel frise le découragement et joue le jeu de l’ennemi », a-t-il martelé.
Sous les applaudissements de plusieurs collègues, il a insisté sur la nécessité de préserver la liberté d’expression des élus :
« Vouloir faire taire les députés, c’est vouloir rendre la population deux fois victime : une première fois par les balles des agresseurs et une seconde fois par le silence imposé à leurs porte-paroles. »
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Le député a averti que si les élus acceptaient d’être réduits au silence, le pouvoir législatif perdrait son rôle de contrôle démocratique :
« Si nous ne disons pas non aujourd’hui, notre pouvoir législatif sera emporté et nous ne serons plus que des figurants. »
John Kabeya a cité plusieurs collègues qu’il dit victimes de menaces ou de pressions, parmi eux Iracan Gratien de Saint-Nicolas, Abdallah Penembaka et Crispin Mbindule. Il a enfin appelé à des relations fondées sur le respect mutuel entre les élus nationaux et les autorités provinciales sous état de siège, afin de préserver la démocratie et défendre les intérêts des populations de l’Est.
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Heri Budjo Joël




