Une vive tension politique secoue la province du Nord-Kivu. Le gouverneur militaire, le général-major Somo Kakule, a saisi l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) pour dénoncer des actes présumés du député national Mbindule Mitono Crispin, l’accusant notamment d’entretenir des contacts avec un groupe armé actif à Butembo et dans ses environs.
Dans une correspondance datée du 7 mai 2026 et adressée au directeur provincial de l’ANR à Beni, l’autorité provinciale affirme que l’élu national, en séjour à Butembo sans avoir signalé sa présence, organiserait des rencontres « clandestines et subversives » avec des hommes armés opérant dans la région.
Le document évoque également une émission animée par Mbindule Mitono Crispin le 4 mai 2026 sur les antennes de Radio Canal Wikongo, au cours de laquelle il aurait tenu des propos jugés attentatoires à l’honneur de l’autorité provinciale, à la sécurité ainsi qu’à l’ordre public.
Ouvrir le document 2 DEMANDE D’INVESTIGATION 20260507_14304936
Sur cette base, plusieurs infractions sont citées, notamment la diffamation, l’outrage à l’autorité publique, l’incitation à la révolte, la propagation de faux bruits et l’usurpation de fonctions. Le gouverneur militaire demande ainsi l’ouverture d’enquêtes, rappelant que la province reste sous État de siège.
Mbindule rejette des accusations « politiques »
En réaction, Mbindule Mitono Crispin, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, dénonce des accusations visant, selon lui, à faire taire le débat qu’il mène sur la révision constitutionnelle.
« J’étais à Butembo pour échanger avec la population sur le changement de la Constitution. Est-ce cela qu’on appelle désobéissance civile et trouble à l’ordre public ? », s’interroge-t-il.
Le député balaie également les accusations de collusion avec des groupes armés, qu’il qualifie de « propagande » orchestrée contre sa personne. Il rappelle son engagement patriotique et son soutien de longue date aux Forces armées de la RDC.
Des proches de Mbindule réclament le départ du gouverneur
Dans la foulée, des membres du mouvement Parlement Debout, présenté comme un groupe de pression proche du député, ont exigé le remplacement du gouverneur militaire Somo Kakule.
Dans leur déclaration, ces militants accusent l’autorité provinciale d’inaction face à l’insécurité persistante au Nord-Kivu et mettent en avant les actions menées par Mbindule Mitono Crispin en faveur des FARDC.
Cette nouvelle confrontation entre autorités provinciales et acteurs politiques risque d’alimenter davantage les tensions dans une province déjà fragilisée par l’insécurité.
La Rédaction




