Le député national Paul Babangu, élu de la province de l’Ituri, a saisi officiellement la Première Ministre de la République démocratique du Congo au sujet de la situation sécuritaire et sociale préoccupante dans cette partie du pays. Dans une correspondance adressée également aux institutions nationales, l’élu d’Irumu dresse un état des lieux alarmant et appelle à des mesures urgentes et coordonnées.
Selon ce document, présenté comme les désidératas de la population d’Irumu, la démarche s’inscrit dans le cadre d’une mission de terrain effectuée auprès des communautés locales. Plusieurs couches sociales ont été consultées, notamment les autorités politico-administratives, les leaders coutumiers, les acteurs de la société civile, les services de sécurité ainsi que les organisations locales.
Une sécurité encore fragile
Le rapport souligne une amélioration relative dans certaines zones de l’Ituri, mais insiste sur la persistance de foyers d’insécurité. La présence résiduelle de groupes armés continue d’affecter la stabilité et la libre circulation des populations. Malgré les opérations menées par les forces de sécurité, Paul Babangu estime que la situation demeure fragile et nécessite une approche globale, gouvernance et développement.
Une crise sociale persistante
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le document met en lumière une crise sociale profonde. Les populations font face à des difficultés majeures dans l’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’eau potable et l’habitat. Dans le secteur éducatif, plusieurs écoles fonctionnent dans des conditions précaires, avec un déficit en infrastructures et en personnel enseignant. Sur le plan sanitaire, les structures souffrent d’une pénurie de médicaments essentiels et d’un manque d’équipements adaptés.
Une économie sous pression
Le rapport rappelle le potentiel économique de l’Ituri, notamment dans les secteurs agricole et minier. Toutefois, ce potentiel reste insuffisamment exploité au bénéfice des communautés locales. L’exploitation artisanale des ressources naturelles et la faible formalisation des activités économiques limitent la capacité de l’État à mobiliser des recettes fiscales et à redistribuer équitablement les richesses.
Un appel à l’action gouvernementale
Face à cette situation, le député national appelle le gouvernement, par l’entremise de la Première Ministre, à renforcer les interventions de l’État en Ituri. Il recommande une meilleure coordination des actions sécuritaires, un renforcement des services sociaux de base et la mise en œuvre de programmes de développement local adaptés aux réalités des communautés.
Paul Babangu insiste également sur la nécessité de restaurer durablement la confiance entre les populations et les institutions publiques, condition essentielle pour une stabilisation durable de la région. Sa correspondance se veut un signal d’alerte sur la situation de l’Ituri et appelle à une réponse urgente, structurée et multisectorielle du gouvernement afin de garantir la sécurité, la stabilité et le développement des populations de ce territoire stratégique de la RDC.
Heri Budjo Joël




