La République démocratique du Congo (RDC), en collaboration avec la communauté humanitaire, a lancé ce mardi à Kinshasa un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars afin de répondre aux besoins humanitaires urgents de millions de Congolais, en particulier dans l’Est du pays.
Alors que près de 15 millions de personnes se trouvent en situation de détresse, les ressources disponibles restent insuffisantes. Cette contrainte financière oblige l’ONU et ses partenaires à concentrer leur assistance sur environ 7,3 millions de personnes considérées comme les plus vulnérables. « La combinaison de besoins immenses et de ressources limitées nous impose des choix extrêmement difficiles, parfois impossibles », a déclaré Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), cette situation entraîne une réduction significative du champ d’intervention. Le plan de réponse humanitaire 2026 se focalise désormais exclusivement sur les zones affectées par trois chocs majeurs : les conflits armés, les aléas climatiques et les épidémies. Il couvre 228 zones de santé, contre 332 l’année précédente.
Cette réduction intervient dans un contexte humanitaire déjà très dégradé, particulièrement dans l’Est de la RDC, où la situation ne cesse de se détériorer depuis janvier 2025. Le pays fait face à une crise aiguë alimentée par la persistance des conflits armés, les déplacements et retours massifs de populations, les chocs climatiques répétés ainsi que les épidémies récurrentes. Les affrontements au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ont non seulement accru les besoins humanitaires, mais aussi perturbé les chaînes d’approvisionnement.
Lire aussi Paris : vers la mobilisation de plus de 1,5 milliard d’euros pour répondre à la crise humanitaire
En Ituri, près d’un million de familles vivent toujours en situation de déplacement, dans des conditions précaires et sans assistance humanitaire suffisante.
Les conséquences sont déjà visibles sur le terrain. Environ 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins de santé primaires, en raison de la fermeture de structures sanitaires, de ruptures de stocks de médicaments essentiels et d’une capacité réduite de prévention et de réponse aux épidémies. Par ailleurs, les bénéficiaires de l’aide alimentaire mensuelle ont été réduits de près des trois quarts, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim et de privation.
Lire aussi Ituri : 300 tonnes d’aide humanitaire pour 3 000 ménages déplacés
Rédaction




