Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) tire la sonnette d’alarme face à l’ampleur de la crise humanitaire qui sévit dans l’Est du pays. Depuis le début du mois de décembre, plus de 1.500 civils ont été tués et plus de 500.000 personnes déplacées dans la région d’Uvira et ses environs, conséquence directe, selon Kinshasa, de l’occupation illégale et des opérations militaires menées par les forces rwandaises.
D’après les autorités congolaises, trois nouveaux bataillons de l’armée rwandaise ont été déployés dans les hauts plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga. Ces troupes opéreraient sous la bannière du groupe armé Twirwaneho, avec pour objectif une progression stratégique vers Fizi, puis Kalemie, dans la province du Tanganyika. Une manœuvre que Kinshasa qualifie de violation flagrante de la souveraineté nationale et du droit international.
Le gouvernement congolais rejette fermement les déclarations des autorités rwandaises évoquant un supposé « retrait » de leurs troupes, affirmant que les faits observés sur le terrain contredisent ces allégations. Il précise par ailleurs que les fautes individuelles, à l’instar de celles reprochées au général Sylvain Ekengé suspendu et visé par une procédure disciplinaire relèvent de la responsabilité personnelle de leurs auteurs et ne sauraient engager la politique de l’État.
Kinshasa dénonce également le silence persistant de la communauté internationale face aux exactions commises contre les civils, aux disparitions de journalistes et aux enlèvements de membres de la société civile, qu’elle impute aux forces d’occupation. Ces actes, souligne-t-elle, constituent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.
Le gouvernement congolais réaffirme sa détermination à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Il s’engage à poursuivre toutes les voies diplomatiques, politiques et judiciaires nécessaires pour traduire en justice les auteurs et commanditaires de ces crimes.
Heri Budjo Joël
