La conférence humanitaire sur les Grands Lacs, qui vient de s’achever à Paris, a débouché sur une annonce majeure : plus de 1,5 milliard d’euros d’aide internationale seront mobilisés pour venir en aide aux civils pris au piège des conflits armés en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins.
Cette rencontre, réunissant plusieurs partenaires internationaux, a été marquée par des échanges francs sur la gravité de la crise humanitaire dans la région et sur les insuffisances de la réponse internationale jusqu’à présent.
«Une crise régionale et un échec collectif »
En ouvrant la conférence, le ministre togolais des Affaires étrangères a dressé un constat sans détour :
« Une crise régionale et un échec collectif de la communauté internationale », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation urgente face à la dégradation de la situation humanitaire dans l’Est de la RDC.
Les fonds annoncés serviront à renforcer les interventions dans les domaines de la santé, de l’alimentation et de la protection des déplacés internes. On estime à plus de 7 millions le nombre de personnes déplacées par les violences en RDC.
Réouverture prochaine de l’aéroport de Goma
Le président français Emmanuel Macron a annoncé la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma pour des vols humanitaires, une mesure destinée à faciliter l’acheminement de l’aide vers les zones les plus touchées. Toutefois, selon le ministre rwandais des Affaires étrangères, M. Wande, cette réouverture dépend encore de l’accord du mouvement armé M23, qui contrôle certaines zones avoisinantes.
L’accès humanitaire, un défi majeur
Pour Luc Lamprière, directeur du Forum des ONG internationales en RDC, cette conférence marque un tournant :
« C’est la première fois depuis longtemps qu’une conférence est entièrement consacrée à la crise humanitaire en RDC. Les besoins sont immenses, et il était essentiel que la communauté internationale s’y intéresse à nouveau. »
Il alerte cependant sur les obstacles persistants à l’accès humanitaire :
« On a des promesses, mais rarement des garanties. Les humanitaires sont souvent bloqués aux frontières ou confrontés à des tracasseries. Il faut maintenant que toutes les parties au conflit permettent un accès libre et sécurisé aux populations dans le besoin. »
Lamprière insiste également sur la nécessité de solutions concrètes, notamment en matière d’accès aérien et de coordination entre les différents acteurs pour atteindre les zones isolées.
Un engagement à concrétiser sur le terrain
Cette conférence s’inscrit dans la continuité des discussions précédentes tenues à Washington et à Addis-Abeba, visant à replacer la question humanitaire au cœur des priorités régionales. Si les observateurs saluent un signal fort, ils soulignent que le véritable enjeu réside dans la mise en œuvre effective des engagements pris à Paris.
Eugène Laro




