Des prestataires engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola ont manifesté ce lundi à Mongbwalu, dans le territoire de Djugu, pour dénoncer trois mois d’arriérés de primes. La manifestation, organisée dans le but de faire entendre leurs revendications, a été interrompue par une intervention de la Police nationale congolaise (PNC), que les manifestants accusent d’avoir fait usage de tirs pour disperser la foule.
Munis de banderoles et scandant des slogans, les manifestants ont parcouru les principales artères de la cité minière avant de procéder à la lecture d’un mémorandum adressé au Président de la République. Dans ce document, ils dénoncent le non-paiement de leurs primes depuis trois mois, malgré leur engagement quotidien dans la lutte contre Ebola.
Les prestataires affirment avoir été surpris par l’intervention des forces de l’ordre alors que leur marche se déroulait de manière pacifique.
« Nous signalons qu’on a tiré sur nous. Les policiers ont tiré sur nous », ont déclaré les manifestants lors de la lecture de leur mémorandum.
Selon eux, ces retards de paiement mettent en péril leurs conditions de travail et risquent de décourager les équipes déployées sur le terrain pour assurer la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés, la recherche des contacts et d’autres activités essentielles à la riposte.
Les protestataires appellent le gouvernement à honorer sans délai ses engagements financiers afin de garantir la continuité des opérations de lutte contre l’épidémie. Ils estiment que les agents de première ligne méritent d’être soutenus plutôt que confrontés à des actes de répression lorsqu’ils revendiquent leurs droits.
Jusqu’à la publication de cet article, aucune réaction officielle de la Police nationale congolaise, des autorités administratives de Djugu ou de la coordination provinciale de la riposte contre Ebola n’avait été obtenue concernant les accusations formulées par les manifestants.
Cette nouvelle tension intervient dans un contexte où la province de l’Ituri poursuit ses efforts pour contenir l’épidémie d’Ebola. Les observateurs estiment qu’un climat social apaisé et la prise en compte des revendications des prestataires demeurent indispensables pour préserver l’efficacité de la réponse sanitaire.
Heri Budjo Joël
