Le personnel de l’Hôpital général de référence de Mongbwalu dans le territoire de Djugu éprouve d’énormes difficultés à poursuivre les activités sanitaires et de riposte contre Ebola, après une série d’attaques menées par des jeunes manifestants en colère à la suite du décès de plusieurs malades suspects d’Ebola.
Selon une source médicale, la nuit de dimanche à lundi a été particulièrement tendue. Un groupe de jeunes a attaqué l’établissement à quatre reprises dans le but de récupérer le corps du berger catholique décédé d’Ebola, pourtant confirmé positif par les équipes médicales.
« Nous n’avons pas passé une bonne nuit. Un groupe de jeunes a attaqué l’hôpital à quatre reprises. Ils voulaient récupérer le corps d’un berger catholique décédé suite à la maladie d’Ebola. C’était un cas réellement confirmé et il s’agit d’une figure emblématique bien connue, un leader religieux de Mongbwalu. De notre côté, nous ne pouvions pas libérer le corps », explique une source médicale et sécuritaire à Mongbwalu.
Face à la tension, des policiers et des militaires ont été déployés autour de l’hôpital pour sécuriser les lieux. Plusieurs coups de feu ont été tirés afin de disperser les manifestants qui avaient envahi l’enceinte hospitalière.
Dans cette confusion, un autre patient suspecté d’être atteint d’Ebola aurait tenté de s’échapper du centre d’isolement avant de s’effondrer. Selon la même source, il a vomi du sang avant de décéder sur le balcon du centre d’isolement.
Le climat d’insécurité continue d’affecter gravement le fonctionnement de l’hôpital. De nombreux agents de santé craignent désormais de rejoindre leur lieu de travail, certains estimant être directement pris pour cibles par les manifestants.
« Les personnels ont peur de rejoindre l’hôpital, car nous sommes pris pour cibles par les manifestants », a ajouté cette source, affirmant également avoir été victime de violences ces dernières heures.
Bien que les forces de l’ordre aient finalement réussi à maîtriser la situation, les activités de riposte contre Ebola restent fortement perturbées dans la zone.
Les autorités ainsi que les forces vives locales appellent les jeunes à ne pas s’attaquer au personnel soignant, qui se mobilise pour protéger la santé de la population. Elles rappellent également que l’épidémie est bien réelle et nécessite l’implication de tous pour être contenue.
La Rédaction




