Le président du Conseil d’administration du Cadastre minier, Crispin Mbindule, a annoncé ce vendredi, l’installation prochaine d’une division provinciale du Cadastre minier en Ituri. Cette décision, prise à l’issue d’une rencontre avec le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, vise à renforcer la régulation du secteur minier dans une province riche en ressources naturelles.
« Nous sommes venus ici après le passage de Son Excellence Madame la ministre des Mines, originaire de cette province, qui nous a demandé de voir comment installer le Cadastre minier en Ituri, à la demande des autorités provinciales », a expliqué M. Mbindule.
Il a précisé que cette mission s’inscrit dans les attributions du Conseil d’administration, notamment la nomination et l’installation des directeurs provinciaux.
Selon lui, plus de 150 titres miniers ont déjà été octroyés en Ituri, ce qui confirme la nécessité d’une direction provinciale pour encadrer l’exploitation et prévenir les conflits liés à la délimitation des concessions.
« Le Cadastre minier est la porte d’entrée du secteur minier. Nous gérons les titres miniers, les permis et les droits miniers », a-t-il rappelé.
Chrispin Mbindule a également tenu à dissiper les malentendus au sein de la population. « La population pense souvent que c’est le gouverneur qui vend ou octroie les carrés miniers, alors que c’est le Cadastre minier qui attribue les concessions », a-t-il souligné. Il a insisté sur l’ouverture de l’exploitation minière aux Congolais, y compris aux habitants de l’Ituri : « Deux ou trois citoyens congolais, même originaires de l’Ituri, peuvent se mettre ensemble, constituer une entreprise et demander un carré minier. La demande coûte 5 000 dollars pour un carré de 84,95 hectares. »
Profitant de son séjour en Ituri, le président du Conseil d’administration du Cadastre minier a lancé un appel à la paix et à la stabilité.
« J’appelle les Ituriens à la paix, surtout les leaders d’opinion et les leaders communautaires, afin qu’ils contribuent au retour de la stabilité », a-t-il déclaré.
S’adressant directement à Thomas Lubanga, il l’a exhorté à privilégier le dialogue.
« Je lui demande de quitter l’Ouganda, de rentrer au pays et de présenter ses préoccupations à Kinshasa au lieu d’envoyer les enfants à la mort. Les frustrations politiques peuvent se résoudre par le dialogue et non par les armes », a-t-il insisté.
Pour lui, l’avenir du secteur minier en Ituri dépend avant tout du retour de la paix et du vivre-ensemble. « Les populations de l’Ituri aspirent aujourd’hui à la paix et au vivre-ensemble », a-t-il affirmé, soulignant que seule la stabilité permettra de transformer les richesses naturelles de la province en moteur de développement durable.
Jonas Mukonkole




