La route Bunia–Kasenyi longue de 55 kilomètres, située en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, est aujourd’hui dans un état de dégradation avancée, rendant la circulation extrêmement difficile pour les usagers.
Plusieurs ouvrages d’art sont endommagés. Des bourbiers et de nombreux nids-de-poule jalonnent cet axe, transformant le trajet en véritable calvaire, surtout en période de pluies où la situation s’aggrave davantage. Cette dégradation entraîne une recrudescence des accidents de circulation, souvent aux conséquences lourdes.
« Les cas d’accidents sont fréquents. Des camions transportant des marchandises se renversent régulièrement, occasionnant d’énormes pertes pour les opérateurs économiques qui paient pourtant leurs taxes. Par jour, on peut enregistrer un ou deux camions accidentés sur ce tronçon », a déclaré Wilson Nduru, porte-parole des déclarants en douane au poste de Kasenyi.
Face à cette situation, plusieurs usagers dénoncent l’inaction des autorités provinciales et nationales. Ils pointent du doigt la perception régulière de taxes, sans efforts visibles pour la réhabilitation ou l’asphaltage de cette route d’intérêt économique majeur pour la ville de Bunia et les centres commerciaux environnants.
Un chauffeur, visiblement en colère après un accident, témoigne :
« Nous payons des taxes jour et nuit, qu’elles soient légales ou illégales. De nombreux services, y compris certains militaires, ont érigé des barrières pour percevoir de l’argent. Mais l’État, qui les a déployés ici, est incapable de réhabiliter ou d’asphalter cette route. Je viens d’avoir un grave accident : qui va rembourser mes marchandises ? »
De son côté, le porte-parole de l’administration militaire en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, a annoncé que des travaux de réhabilitation pourraient débuter dans les prochains jours.
Pourtant, la route Bunia–Kasenyi revêt une importance stratégique pour l’économie locale. Elle permet notamment l’approvisionnement de la ville de Bunia en produits de première nécessité, en provenance de l’Ouganda, et constitue une alternative essentielle lorsque la Route nationale n°27 devient impraticable ou non sécurisée.
Plusieurs observateurs estiment qu’au-delà des réparations ponctuelles, cet axe nécessite une modernisation durable, notamment son asphaltage. Ils regrettent le manque d’investissement dans les infrastructures routières, malgré les recettes générées, laissant ainsi les usagers faire face à de nombreuses difficultés au quotidien.
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