Les récentes tueries dans le territoire de Djugu ravivent les tensions entre le député national Gratien Iracan de Saint-Nicolas et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans une lettre adressée au président Félix Tshisekedi, l’élu de Bunia dénonce de graves défaillances dans la protection des civils. Selon lui, plusieurs habitants ont été tués dans leurs maisons, dans les champs ou sur les marchés, parfois à proximité de positions militaires, « sans intervention des soldats loyalistes » pour sauver des vies. Ces accusations s’appuient sur des cas documentés et des listes établies par la société civile.
Le député déplore l’absence de mesures préventives et de renforts dans les zones régulièrement attaquées. Son rapport évoque également des blessés, des fouilles abusives, des confiscations de biens et des extorsions subies par des civils en déplacement. Il accuse certains militaires d’inaction, voire de « collusion avec les miliciens de la CODECO », citant des témoignages de la Commission diocésaine Justice et Paix ainsi que des déclarations de la société civile.
Allant plus loin, Gratien Iracan affirme que l’Ituri est en train de devenir « un cimetière à ciel ouvert ». Il exige du chef de l’État le « limogeage immédiat » du gouverneur militaire, le lieutenant-général Luboya Nkashama Johnny, et sa mise en accusation pour « manquement grave à son devoir de protection des civils ». Il réclame également l’arrestation de tous les commandants militaires déployés dans les zones touchées par les conflits.
Lire ☞ la déclaration de Gratien Iracan
La réplique de l’armée
Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole du gouverneur militaire et des opérations en Ituri, qualifie ces propos d’« outrage aux FARDC et au commandant suprême Félix Tshisekedi ». Il dénonce des « accusations sans fondement » qui, selon lui, ternissent l’image de l’armée et sapent la confiance nationale.
Il rappelle que les FARDC mènent depuis plus de vingt ans une lutte acharnée contre les milices en Ituri, au prix de lourds sacrifices humains, et réaffirme leur détermination à poursuivre ces efforts. Jules Ngongo estime que le député Iracan devrait être poursuivi en justice, l’accusant d’être « derrière certains groupes armés » et qualifiant ses déclarations de « rébellion ».
Lire ☞ la déclaration de la FRDC
De son côté, le député souligne le manque d’enquêtes judiciaires sérieuses sur les massacres récents et l’absence de publication des résultats des enquêtes antérieures.
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L’armée assure que la justice militaire suit son cours selon les procédures légales en vigueur. Elle appelle au patriotisme et met en garde contre les discours susceptibles de fragiliser l’unité nationale et de décourager les soldats engagés sur le front.
Heri Budjo Joël




