La Société civile Forces vives de l’Ituri tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence jugée « alarmante » des violences dans la province. Réunis ce mardi à Bunia, ses représentants dénoncent une situation sécuritaire hors de contrôle depuis fin juin, marquée par des massacres, pillages, incendies et arrestations massives.
Selon le coordonnateur provincial, Ir. Dieudonné Lossa, tout a basculé le 27 juin 2025, après le massacre de déplacés à Djangi attribué à la milice CODECO. Depuis, la province est secouée par une série d’attaques meurtrières impliquant, selon les zones, la CODECO, les ADF, le FPIC, la FRPI, le groupe « Chini ya Tuna » et d’autres factions armées.
Bilan provisoire
Entre le 27 juin et le 12 août 2025, la Société Civile recense : 127 personnes assassinées, 14 blessés, 2 femmes victimes de viol, 103 vaches et 320 chèvres/moutons pillés, 7 véhicules et 8 maisons incendiés, 13 boutiques saccagées.
Les violences ont touché Djugu, Irumu, Mambasa, Gina, Boga et plusieurs quartiers de Bunia, avec une montée inquiétante du banditisme armé.
Proximité des forces de sécurité
Fait troublant, plusieurs attaques ont eu lieu à proximité de positions des FARDC, de la Police Nationale Congolaise (PNC) ou encore de l’armée ougandaise (UPDF) et des Casques bleu. La Société Civile accuse par ailleurs certaines autorités de légitimer des groupes armés en les présentant comme des « Wazalendo », alors qu’ils continuent de cibler les civils.
Recommandations fortes
La Société Civile demande :
- Au Président Félix Tshisekedi d’assurer la protection effective de la population et de tenir des audiences publiques en Ituri avant tout transfert judiciaire vers Kinshasa.
- Au gouverneur militaire de traquer les auteurs de crimes et d’organiser des chambres foraines pour les juger.
- Aux FARDC de mieux distinguer civils et miliciens, de renforcer la coopération civilo-militaire et d’enquêter sur les sources d’armement des groupes armés.
- Aux élus d’agir ensemble pour restaurer la paix.
- Aux administrateurs de groupes WhatsApp de filtrer les messages de haine et de manipulation.
- À la population de collaborer avec les services de sécurité en dénonçant les instigateurs de violences
Pour Ir. Dieudonné Lossa, « le véritable problème sécuritaire de l’Ituri semble ignoré et la relation entre la population et l’armée se détériore dangereusement ».
Joël Heri Budjo




