Le député national Iracan Unen Gratien de Saint-Nicolas, élu de Bunia (province de l’Ituri), a officiellement interpellé le vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale, au sujet de la persistance des violences en Ituri et des soupçons de collusion entre des responsables militaires et des groupes armés criminels.
Dans une correspondance datée du 7 octobre 2025 et adressée au président de l’Assemblée nationale, l’élu de Bunia dénonce des violations graves des droits humains commises sous le régime de l’état de siège. Le document a été enregistré au cabinet du 2e vice-président de l’Assemblée nationale et transmis aux membres du bureau.
Selon l’honorable Iracan, des éléments indiqueraient une collaboration entre certains responsables militaires et des groupes armés opérant dans les territoires de Djugu et d’Irumu. Ces derniers sont accusés d’avoir multiplié les massacres de civils, en dépit de la présence renforcée de l’armée dans la région.
« La situation en Ituri reste dramatique avec des tueries massives et des déplacements de population. Il est impératif que le gouvernement s’explique sur ces faits, car l’état de siège ne peut en aucun cas servir de couverture à des violations des droits fondamentaux », a-t-il déclaré.
Conformément aux articles 201 à 206 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, l’élu de Bunia demande que le ministre de la Défense vienne fournir des explications devant la représentation nationale.
L’interpellation vise notamment à obtenir des réponses claires sur :
les accusations de collusion avec des groupes armés dits d’« autodéfense », les massacres attribués à la milice CODECO et à d’autres factions, les mesures prises pour protéger les civils et restaurer l’autorité de l’État en Ituri.
Depuis le début de l’année 2025, l’Ituri a connu une nouvelle vague de violences. Entre juin et septembre, plus de 140 civils ont été tués dans les territoires de Djugu et d’Irumu, selon les organisations locales de défense des droits humains.
Malgré la prolongation de l’état de siège, décrété par le président de la République en 2021, les attaques des groupes armés continuent de plonger la province dans une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent.
L’interpellation du vice-premier ministre, ministre de la Défense, pourrait ouvrir la voie à un débat national sur l’efficacité de l’état de siège et les responsabilités des autorités dans la gestion de la crise en Ituri.
Eugène Laro




