Le cadre de l’Union sacrée et communicateur de la majorité présidentielle, Steve Mbikayi, a suscité de nombreuses réactions après avoir évoqué plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés les Congolais dans une publication destinée à dénoncer l’appel à une journée « ville morte » lancé par l’opposition pour le 3 juin 2026.
Dans des messages publiés sur son compte X, il a remis en question les motivations de ceux qui appellent à la mobilisation populaire. Selon lui, les manifestations devraient davantage porter sur les préoccupations quotidiennes de la population, notamment l’accès à l’électricité, à l’eau potable, à l’emploi des jeunes, à la salubrité publique et à l’amélioration des services sociaux de base.
« Pourquoi ne pas manifester d’abord pour réclamer l’électricité, l’eau potable, la salubrité de la ville ou encore des emplois pour les jeunes ? », s’est-il interrogé.
Steve Mbikayi estime également que l’opposition n’a jamais organisé de mouvements de protestation pour dénoncer les difficultés sociales auxquelles sont confrontés les habitants de Kinshasa.
« Les Kinois se plaignent chaque jour de l’insalubrité, du chômage et de l’insuffisance des moyens de transport. Pourtant, jamais l’opposition n’a organisé de manifestation ni de ville morte pour exiger de meilleures conditions de vie pour le peuple », a-t-il déclaré.
Le communicateur de l’Union sacrée a aussi critiqué ce qu’il considère comme un manque d’engagement de l’opposition sur les questions de gouvernance.
« Pourquoi l’opposition n’a-t-elle jamais appelé à la mobilisation pour exiger la bonne gouvernance ? Dans ce pays, sous les yeux de tous, nous avons connu d’importants scandales financiers », a-t-il soutenu.
Accusant l’opposition de poursuivre avant tout des objectifs politiques, Steve Mbikayi estime qu’elle ne se mobilise que lorsque ses ambitions d’accéder au pouvoir sont menacées. Il lui reproche également son silence face aux scandales financiers, aux opérations de démolition de constructions jugées anarchiques ainsi qu’à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Dans son argumentaire, il suggère que l’inquiétude de l’opposition est liée à l’éventualité d’une révision constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat.
« Elle est sortie de son sommeil parce qu’elle estime que le changement de la Constitution permettrait au président Tshisekedi de se représenter à la prochaine élection présidentielle. Elle voit ainsi ses chances d’accéder au pouvoir s’évaporer progressivement », a-t-il affirmé.
Steve Mbikayi évoque également la prise de Bunagana, Goma et Bukavu par des groupes armés, regrettant ce qu’il qualifie de silence de l’opposition face aux milliers de victimes et aux risques de balkanisation du pays.
Il s’est enfin interrogé sur le rôle attribué à la Constitution dans les difficultés que traverse le pays : « Est-ce la Constitution qui empêche de construire des routes ? Est-ce elle qui empêche de nourrir la population ? »
Pour plusieurs observateurs, ces déclarations mettent indirectement en lumière les nombreux défis auxquels la RDC reste confrontée en matière de gouvernance, d’infrastructures, d’emploi et de services publics. En voulant critiquer l’opposition, Steve Mbikayi a lui-même rappelé l’ampleur des problèmes qui continuent d’affecter le quotidien des Congolais, plusieurs années après l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi.
La Rédaction
