Le professeur Gaspard Ngonda Nkoy, constitutionnaliste et député national, a clarifié l’origine de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC) au cours d’une conférence tenue le 18 février 2026 à Kinshasa. Cette prise de position intervient dans un contexte de polémique provoquée par les déclarations du président Félix Tshisekedi, qui a affirmé que la Constitution congolaise de 2006 aurait été rédigée à l’étranger par des non-Congolais.
« Notre Constitution n’est pas un texte d’origine étrangère. La Constitution que nous avons a été rédigée par des Congolais », a déclaré le professeur Ngonda Nkoy, sous les applaudissements du public. Selon lui, la confusion proviendrait d’un amalgame avec la Constitution de la transition du 4 avril 2003, issue du Dialogue intercongolais et élaborée en Afrique du Sud.
« Je parle ici de la Constitution de 2006, pas de celle de la transition. Certes, elle s’est inspirée du cadre de la transition, mais elle a été élaborée par le Parlement de la transition, adoptée par référendum et précédée de larges consultations », a-t-il insisté, tout en reconnaissant la participation d’experts étrangers aux côtés des Congolais.
Ces propos répondent aux déclarations du chef de l’État faites le mercredi 23 octobre à Kisangani, dans la province de la Tshopo. En visite de trois jours dans la région, le président Tshisekedi avait estimé que « notre Constitution n’est pas bonne », soutenant qu’« elle a été élaborée à l’étranger et par des étrangers ».
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Le président de la République avait également annoncé son intention de mettre en place, dès 2025, une commission regroupant différentes composantes de la société congolaise afin d’examiner les modalités d’une éventuelle révision constitutionnelle, estimant nécessaire d’adapter la loi fondamentale « à la situation actuelle du pays ».
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L’intention du président Félix Tshisekedi de modifier la Constitution suscite la colère de plusieurs acteurs politiques de l’opposition, qui estiment que cette démarche viserait à lui permettre de se maintenir au pouvoir. Pour ces derniers, toute révision constitutionnelle constituerait une tentative d’« éternisation » au pouvoir, alors que son second et dernier mandat doit s’achever en 2028.
La déclaration du professeur Ngonda Nkoy relance ainsi le débat sur l’origine, la légitimité et l’opportunité de réviser la Constitution de 2006, modifiée pour la dernière fois en 2011, dans un climat politique marqué par de fortes tensions sécuritaires et institutionnelles.
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