Le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo continue de diviser la classe politique. Ce lundi 09 mars 2026, Augustin Kapila, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a déclaré : « Ne vous en faites pas, la nouvelle Constitution est déjà rédigée ; il ne reste que sa promulgation par le président de la République ».
Cette affirmation relance les discussions autour d’un éventuel changement de la loi fondamentale, alors que le pays traverse une période de fortes tensions politiques et sociales. Pour l’UDPS, cette réforme est présentée comme une étape nécessaire pour renforcer les institutions et consolider la gouvernance.
Cependant, plusieurs voix s’élèvent contre cette initiative. Le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, ancien président du Sénat, a exprimé son opposition, estimant que « le problème du pays n’est pas lié au texte, mais à l’homme ». Selon lui, la priorité devrait être mise sur la qualité de la gouvernance et non sur une nouvelle Constitution.
La position de Bahati rejoint celle de nombreux acteurs politiques de l’opposition, qui dénoncent un projet jugé inopportun et potentiellement dangereux pour la stabilité du pays. Ils craignent que ce changement constitutionnel ne soit utilisé pour servir des intérêts politiques particuliers plutôt que l’intérêt général.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est également prononcée contre cette réforme. Les évêques catholiques estiment que la Constitution actuelle, adoptée en 2006, reste un cadre valable et qu’il appartient aux dirigeants de l’appliquer correctement plutôt que de chercher à la modifier.
Dans ce contexte, l’annonce de Kapila apparaît comme un signal fort de la volonté du pouvoir de faire avancer ce projet, malgré les résistances. La promulgation par le président Félix Tshisekedi, si elle intervient, marquerait une étape décisive dans l’histoire institutionnelle du pays.
Reste à savoir si cette réforme pourra être menée à terme dans un climat politique marqué par la méfiance et la contestation. Entre partisans d’un nouveau texte et défenseurs de l’actuelle Constitution, le débat s’annonce intense et déterminant pour l’avenir de la République démocratique du Congo.
Jonas Mukonkole




