Ce lundi 22 septembre 2025, le Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri a réuni les jeunes de Bunia dans le cadre d’un dialogue pour la paix et la cohésion sociale. L’événement, organisé en partenariat avec l’ONG internationale Alert et le projet Nashiriki kwa masikilizano, financé par l’Union européenne, s’inscrit dans le prolongement de la Journée internationale de la paix, célébrée la veille.
Ce lundi 22 septembre 2025, l’hémicycle de l’Assemblée nationale a été le théâtre d’un moment rare. Vital Kamerhe, habituellement maître du verbe et adepte du silence stratégique, a pris la parole en son nom propre. Face à ses collègues, il a annoncé sa démission, mettant un terme à une présidence fragilisée par une pétition dont l’ampleur ne cessait de croître.
L’atmosphère était singulière : entre silence pesant et applaudissements mesurés. Kamerhe a assumé sa décision avec gravité. Dans les regards, peu de surprise, mais la confirmation d’un tournant attendu.
En anticipant un vote périlleux, l’ancien président de l’Assemblée nationale a choisi de garder la main sur le récit. Ce retrait volontaire lui permet d’éviter l’humiliation d’une destitution publique, tout en affirmant qu’il reste maître de son destin. Une manière subtile de rappeler qu’il préfère partir de son propre chef plutôt que d’être renversé.
A ce jour, ni le gouvernement ni le Bureau de l’Assemblée n’ont réagi officiellement. Cette démission survient dans un contexte politique marqué par des ajustements institutionnels à l’approche des élections de 2028.
Ironie du sort : celui qui avait contribué à la victoire de Félix Tshisekedi en 2019, et qui avait survécu à la prison et à l’exil politique, tombe cette fois non pas sous les coups de ses adversaires, mais sous la pression de ses propres alliés.
Ce départ soulève plusieurs interrogations : qui prendra la tête de l’Assemblée ? Quel sera désormais le poids de l’UNC au sein de l’Union sacrée ? Et surtout, quel rôle Kamerhe choisira-t-il de jouer dans les mois à venir ?
Dans un paysage politique congolais en constante recomposition, où les alliances se font et se défont, cette démission n’est pas une fin. Elle rappelle que même les figures les plus établies peuvent vaciller sous le poids des dynamiques internes.
Lors de son allocution, Kamerhe a dénoncé les irrégularités entourant la pétition, évoquant des signatures non conformes et un quorum non atteint. Il a souligné que seule la plénière des députés nationaux est habilitée à remettre en cause son mandat.
Dans un geste symbolique, il a quitté ses fonctions sans débat ni vote, invoquant sa fidélité à la Nation et son souci de préserver l’unité. Il a cité l’histoire du Roi Salomon pour illustrer son choix de renoncer afin d’éviter la discorde.
Il a exhorté les élus à dépasser les intérêts partisans pour se consacrer aux véritables enjeux du pays : instaurer la paix, relancer le développement, lutter contre la pauvreté et le chômage. Il a également exprimé son soutien aux populations du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri, durement éprouvées par les violences.
Enfin, Kamerhe a remercié ses collègues, les initiateurs de la pétition, le personnel administratif, sa famille politique et le peuple congolais. Il a réaffirmé son engagement envers la République et son Chef, le Président Félix Antoine Tshisekedi. À la jeune génération parlementaire, il a adressé un message d’encouragement, les invitant à faire preuve de rigueur et de dévouement.
Il a conclu sans amertume, souhaitant plein succès à son successeur et appelant à poursuivre le combat pour un avenir collectif prometteur. Sa dernière parole fut une bénédiction adressée à la République démocratique du Congo.
Eugène Laro




