La situation humanitaire dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, continue de se détériorer. Selon un rapport de l’OCHA-RDC, près de 500 personnes sont actuellement privées d’accès aux services essentiels tels que la santé, la nutrition et la protection, en raison de l’insécurité croissante et des affrontements armés.
Depuis la mi-juillet, des violences opposant groupes armés et forces gouvernementales ont secoué plusieurs zones de santé, notamment Nizi, Fataki et Lita. Ces affrontements ont touché de nombreuses localités, dont Lopa, Iga Barrière, Soleniama et Nizi-Centre. Entre le 13 et le 31 juillet, au moins 19 civils ont été tués, tandis qu’une dizaine d’autres ont été enlevés ou blessés. Des cas de pillages, d’incendies de maisons et d’extorsions de biens ont également été signalés, contraignant des familles à fuir vers des zones jugées plus sûres.
Face à cette insécurité persistante, plusieurs organisations humanitaires ont été contraintes de suspendre ou de retarder leurs opérations, rendant l’accès à l’aide encore plus difficile. Des mesures de mitigation ont toutefois été mises en place afin de maintenir une présence minimale dans certaines zones.
Dans le territoire voisin de Mahagi, la violence s’intensifie également. Un acteur de protection a recensé 99 incidents en juillet, contre 64 en juin, dans les zones de santé de Logo et Angumu. Les femmes représentent 48 % des victimes recensées, et plus d’un tiers des abus seraient imputables à des groupes armés.
Les violences basées sur le genre (VBG) constituent près de la moitié des violations documentées. Cette recrudescence est attribuée à l’instabilité sécuritaire dans les zones d’approvisionnement en vivres, ainsi qu’au manque d’acteurs spécialisés dans la prévention de ces violences.
Heri Budjo Joël




