En mission en province de l’Ituri, le chef du bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) basé à Kinshasa, Alain Ouattara, s’est entretenu avec le gouverneur militaire. Au cœur des échanges : la situation humanitaire, le retour des personnes déplacées ainsi que la réponse face à la maladie à virus Ebola (MVE).
Une double crise aux conséquences dramatiques
Dans un contexte sécuritaire déjà précaire, marqué par les exactions des groupes armés, l’apparition de l’épidémie d’Ebola aggrave davantage les conditions de vie des populations.
« La MVE est venue s’ajouter à une situation déjà très, très difficile pour la population. Et l’impact, c’est surtout la vulnérabilité de ces populations », a déclaré Alain Ouattara.
De retour d’une visite sur le terrain à Lita ainsi que dans des sites accueillant des personnes déplacées à Bunia, le responsable d’OCHA dresse un constat préoccupant.
« C’est comme une crise dans une crise, mais elle amplifie en fait la vulnérabilité de la population due aux conflits, aux groupes armés… Quelqu’un qui est déjà déplacé, il a tout perdu et maintenant il fait face à une maladie », a-t-il expliqué.
La promiscuité dans les sites d’accueil et le manque d’accès à l’eau potable compliquent davantage l’application des mesures barrières contre Ebola.
« Et alors qu’on a besoin de cette eau-là pour les mesures barrières, quelqu’un qui n’a pas déjà accès à l’eau, les mesures barrières deviennent très compliquées », a-t-il souligné.
Alain Ouattara a ainsi rappelé l’engagement des agences humanitaires à « renforcer les efforts du gouvernement pour renforcer l’accès aux services sociaux de base, notamment à l’eau, aux médicaments ».
Suivi des financements et préparation du retour des déplacés
La mission d’OCHA avait également pour objectif d’évaluer l’impact des financements accordés aux partenaires humanitaires, notamment le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF ainsi que des organisations non gouvernementales locales, dont le PPSSP.
Les échanges avec le gouverneur militaire ont également porté sur la situation des personnes déplacées originaires de la plaine de Tchabi. Selon les premières estimations, près de 76 000 personnes issues de plusieurs villages seraient concernées.
« L’idée, il y aura des missions qui vont aller essayer de comprendre un peu quels sont ceux qui vont rentrer, comment est-ce qu’il est possible de les accompagner dans leur retour », a indiqué Alain Ouattara.
Selon lui, le rétablissement de la sécurité constitue un préalable indispensable au retour durable des populations. Il doit permettre aux ménages de regagner leurs terres, de reprendre leurs activités agricoles et de retrouver progressivement leur autonomie vis-à-vis de l’aide humanitaire.
Jonas Mukonkole




