À Bunia, le représentant adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en charge des affaires humanitaires, Bruno Lemarquis, a rencontré ce lundi le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, dans le cadre de sa mission d’adieu.
« On a parlé de la situation sécuritaire, la situation humanitaire, on travaille vraiment bien ensemble », a déclaré M. Lemarquis, mettant en avant la collaboration entre les autorités provinciales et les partenaires humanitaires. Il a salué l’efficacité du Cadre provincial de concertation humanitaire, qui permet aux acteurs de « s’asseoir et trouver des solutions », et a remercié les autorités pour les efforts visant à faciliter l’accès humanitaire, notamment par des interventions sur la route nationale 27 et la réduction de certains postes de contrôle.
Selon lui, la situation sécuritaire « s’est améliorée dans certaines parties », mais « reste sérieuse dans d’autres », en particulier dans les territoires de Djugu et de Mahagi où près de 900 000 personnes demeurent déplacées. À l’inverse, il a relevé que de nombreux déplacés ont pu regagner leurs localités d’origine, notamment dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. « Ça crée de l’espoir quand les personnes retournent chez elles », a-t-il souligné, appelant à renforcer les « solutions durables » pour relancer les activités socio-économiques.
Abordant la persistance de l’insécurité, M. Lemarquis a insisté sur le rôle central des institutions nationales : « C’est le retour de l’autorité de l’État l’armée, la police, la justice qui ramènera petit à petit la paix », a-t-il expliqué.
Mais l’ONU s’inquiète surtout du manque de financements. « Les montants financiers disponibles sont bien inférieurs à ce qu’ils étaient en 2024 », a déploré M. Lemarquis. Le plan de réponse humanitaire de 2,5 milliards de dollars en 2024 avait été financé à 51 %, contre seulement 27 % en 2025. Pour 2026, le plan révisé à 1,4 milliard de dollars n’est couvert qu’à 33 % à ce jour. « On est très, très, très sous-financés », a-t-il insisté.
En conclusion, il a remercié les partenaires internationaux pour leur appui, tout en lançant un appel pressant : « Tant que la paix ne revient pas, les besoins sont gigantesques ici en RDC. »
Jonas Mukonkole




