Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, a vivement dénoncé une « campagne de manipulation » visant la présence de la MONUSCO dans la province, particulièrement dans le territoire de Mambasa.
S’exprimant à l’issue d’une rencontre avec le nouveau représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, il a insisté sur le décalage entre certaines perceptions négatives, souvent nourries par la manipulation, et la réalité du travail mené par la mission onusienne sur le terrain.
Tout en saluant l’appui de la MONUSCO, qu’il considère comme un partenaire clé dans la protection des civils, le gouverneur a également pointé du doigt les campagnes de désinformation.
« Comment peut-on être contre des partenaires et des amis venus nous aider à protéger la population ? Les sentiments négatifs relèvent souvent de la manipulation », a-t-il déclaré.
Le gouverneur a en outre réaffirmé sa volonté de renforcer la collaboration entre les FARDC et la MONUSCO, notamment à Mambasa, une zone marquée par l’activisme des rebelles ADF et des tensions récentes, où un convoi de Casques bleus avait été empêché d’accéder à une localité.
« Nous pouvons encore travailler ensemble avec la MONUSCO à Mambasa pour sécuriser les civils, car on ne refuse pas l’aide d’un partenaire. », a insisté le gouverneur militaire de l’Ituri.
De son côté, le représentant spécial de l’ONU en RDC a rappelé que l’Ituri demeure une priorité en raison des violences persistantes attribuées aux groupes armés, notamment la CODECO et la CRP. Ces groupes sont à l’origine de déplacements massifs de populations et de fortes tensions intercommunautaires.
Les discussions ont également porté sur le retour progressif des personnes déplacées. Certaines communautés commencent à regagner leurs villages grâce à une amélioration relative de la situation sécuritaire, bien que des poches d’instabilité subsistent, notamment dans le territoire de Djugu.
Enfin, les autorités provinciales et la MONUSCO ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération en vue d’une stabilisation durable de la région. Elles ont insisté sur la nécessité d’un leadership local responsable et d’un effort collectif pour contrer les discours de division et promouvoir la cohésion sociale.
Heri Budjo Joël




