Des hommes armés, identifiés par des habitants comme des rebelles ADF, ont été aperçus dans la matinée du mercredi 5 novembre 2025 au village Elake, situé dans la chefferie de Babila Bakwanza, territoire de Mambasa.
Selon des témoins locaux, ces individus sont arrivés en nombre, profitant de l’absence des forces de sécurité. Ils ont traversé le village, semant la panique parmi les habitants, avant de se retirer sans causer de dégâts matériels apparents.
Des sources sur place indiquent que les assaillants se seraient ensuite dirigés vers la forêt de Sitarudi, où ils auraient établi un bastion. Depuis ce point, ils imposeraient à la population rurale des prélèvements illégaux qualifiés de « taxes », ainsi que des contributions forcées aux agriculteurs de la zone.
Pérezi Mamboro, défenseur des droits humains actif dans la région, met en garde contre ces hommes qu’il qualifie de « ruseurs » :
« Ils se présentent comme des combattants pacifiques ou des membres de la communauté, mais en réalité ils extorquent et terrorisent nos parents. Nous demandons aux habitants de quitter la zone pour leur sécurité », a-t-il déclaré.
Il appelle également les forces conjointes de la RDC et de l’UPDF (armée ougandaise) à intensifier les opérations pour neutraliser ces groupes armés :
« Depuis le début des opérations dans la forêt de Sitarudi, ces éléments se déplacent avec peur au ventre ; mais tant qu’ils se promènent librement, ils continueront à harceler la population », a-t-il ajouté.
Le même jour, les hommes armés auraient été aperçus à Elake-Centre, près du quartier Nevers. Leur présence a provoqué une psychose générale. Des tirs sporadiques ont été entendus, poussant les habitants à se réfugier chez eux. Des témoins rapportent que les assaillants multiplient les allers-retours entre le centre et la forêt de Sitarudi, distante d’environ une heure de marche.
Les habitants dénoncent plusieurs pratiques : circulation libre des hommes armés, mobilisation forcée autour d’idéologies dites « communautaires », et collecte de taxes illégales.
« On ne peut pas vivre avec ces pratiques. Nous appelons les habitants à se retirer temporairement pour permettre aux forces de sécurité d’intervenir », a renchéri Mamboro.
La communauté locale exhorte les autorités militaires à établir une présence permanente à Elake-Centre, avec des postes fixes et des patrouilles régulières :
« Il faut des casernes et des caméras, afin que ceux qui détiennent l’autorité sur la zone puissent sécuriser la population », martèle-t-il.
À l’heure de la publication de cet article, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des forces armées ni des autorités territoriales. Les habitants, eux, restent en alerte, redoutant de nouvelles incursions dans les jours à venir.
Eugène Laro




