Le 23 mai 2026 à Kampala, une nouvelle feuille de route ministérielle a été signée pour renforcer la lutte contre les épidémies transfrontalières, notamment Ebola. Ce document place l’engagement communautaire, les médias et la société civile au cœur des opérations de riposte.
Réunis en Ouganda, les ministres et experts de la santé de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont adopté un accord visant à harmoniser les stratégies sanitaires le long des frontières. Outre des mesures techniques comme le séquençage génomique et le contrôle des flux migratoires, le texte consacre un chapitre entier à un levier stratégique souvent négligé : la mobilisation des communautés locales.
Rompre la méfiance par les relais de proximité
Les crises sanitaires passées ont montré que les infrastructures de pointe restent inefficaces si les populations rejettent les équipes médicales. L’accord de Kampala insiste donc sur une approche participative, reposant sur quatre piliers :
- Leaders communautaires : chefs coutumiers, notables et religieux sont désignés comme relais essentiels pour valider les messages de santé publique et faciliter l’accès des équipes médicales.
- Société civile : associations locales, groupements de femmes et de jeunes assurent un maillage serré du terrain et une remontée rapide des alertes.
- Médias locaux : radios de proximité jouent un rôle clé dans la sensibilisation et la lutte contre les rumeurs.
- Réseaux de proximité : véritables « yeux et oreilles » du système, ils permettent une détection précoce des cas avant l’engorgement des centres de traitement.
Bâtir la confiance pour briser la chaîne de transmission
L’objectif affiché est de transformer la perception des opérations de secours. En impliquant directement les acteurs locaux, les autorités sanitaires veulent instaurer une confiance communautaire, considérée comme la clé de voûte de la riposte.
Dans des provinces frontalières vulnérables comme l’Ituri ou le Nord-Kivu, cette approche participative est désormais perçue comme la seule méthode capable de briser la chaîne de transmission tout en préservant la cohésion sociale.
Un extrait de l’accord souligne : « Reconnaître le rôle central des leaders communautaires, de la société civile, des médias et des réseaux locaux dans la sensibilisation, la détection précoce, les mesures de prévention et la confiance communautaire pendant les opérations de riposte. »
Emmanuel Jedidja




