Lors d’un Forum international sur la sécurité, le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko, a annoncé une avancée scientifique majeure doublée d’une offensive diplomatique. Moscou déploie déjà ses experts en coordination avec l’OMS.
Une percée scientifique
« Les scientifiques russes ont développé un vaccin contre une nouvelle souche du virus Ebola », a déclaré Mourachko. Son ministère a précisé que ce vaccin cible spécifiquement la souche rare « Bundibugyo », responsable de la flambée épidémique actuelle à la frontière entre la RDC et l’Ouganda. Jusqu’ici, aucun traitement ni vaccin homologué n’existait pour cette variante.
Une vitrine politique
Au-delà de l’urgence sanitaire, cette annonce illustre la volonté du Kremlin de démontrer sa souveraineté scientifique. « La Russie possède sa propre réserve de technologies vaccinales et est capable de développer rapidement de nouveaux vaccins, y compris ceux ciblant diverses souches, parmi lesquelles Ebola », a affirmé le ministre. Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large de diplomatie sanitaire en Afrique, où Moscou multiplie les partenariats et modernise des centres scientifiques, notamment en Éthiopie, au Congo-Brazzaville et en Guinée.
Déploiement et coordination
La Russie ne se limite pas aux annonces. Mourachko a confirmé avoir pris contact avec le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour intégrer ce vaccin aux plans d’urgence mondiaux. « Des spécialistes de Rospotrebnadzor sont déjà en cours de déploiement pour fournir une assistance sur la question des vaccins et des médicaments. Nous avons discuté de cela avec le Dr Tedros », a-t-il précisé.
L’objectif est d’intégrer rapidement les outils russes de diagnostic et les doses de vaccin aux essais cliniques et aux dispositifs de riposte. Pour la RDC et l’Ouganda, l’arrivée de ces brigades scientifiques pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre la souche Bundibugyo.
Emmanuel Jedidja




