La décision de l’administrateur militaire du territoire de Mahagi interdisant aux étrangers d’exercer le petit commerce et le commerce ambulant peine à être appliquée. La Société civile du Congo (SOCICO), dans le territoire de Mahagi, dénonce la persistance de vendeurs étrangers dans plusieurs entités, malgré les mesures prises par l’autorité territoriale.
Dans une décision rendue publique le 4 août 2026, l’administrateur militaire de Mahagi, le colonel DISANOA LALUA Jacques, avait rappelé que le petit commerce, notamment la vente au détail, les activités dans les marchés, les kiosques ainsi que le commerce ambulant, est réservé aux citoyens congolais, conformément aux textes en vigueur en République démocratique du Congo.
L’autorité territoriale avait ainsi interdit aux étrangers d’exercer ces activités commerciales et instruit le Service de l’Économie nationale de procéder au contrôle et à l’interpellation des contrevenants. Les services de sécurité, notamment la DGM, l’ANR et la PNC, avaient également été appelés à apporter leur concours afin d’assurer l’application de cette mesure dans les différentes entités du territoire.
Pourtant, dans une lettre datée du 31 août 2026, la Société civile du Congo affirme avoir constaté la poursuite de cette pratique sur le terrain. Au cours d’une mission d’identification des facteurs d’insécurité dans le territoire, l’organisation dit avoir observé une présence importante de vendeurs ambulants étrangers, notamment des personnes vendant des sandales et d’autres marchandises de porte à porte.
La société civile déplore notamment leur forte mobilité à travers les chefferies, les quartiers et la commune rurale de Mahagi, ainsi que l’absence d’adresses commerciales clairement identifiables. Elle estime que cette situation rend difficile leur traçabilité en cas d’incident.
La SOCICO évoque également des cas de vendeurs hébergés dans des hôtels de la place et qui, selon elle, ne disposeraient pour seuls effets que de sacs à dos contenant leurs marchandises.
L’organisation rappelle que le décret n°73/209 du 5 juillet 1973 réserve le petit commerce et le commerce ambulant aux nationaux. Elle soutient qu’un étranger souhaitant exercer une activité commerciale en RDC doit notamment disposer d’une structure sociétaire, réaliser un investissement conforme aux exigences légales et obtenir les autorisations requises auprès des autorités compétentes.
Pour la SOCICO, la présence persistante de ces vendeurs étrangers, venus dans la plupart des cas de pays de l’Est dont l’identité n’est pas clairement établie, traduit surtout une faible application de la mesure prise par l’administration militaire. Elle estime que l’absence de contrôle et de traçabilité pourrait également constituer un risque pour l’ordre public.
Face à cette situation, la société civile recommande aux autorités d’intensifier les contrôles dans les marchés, les points de vente et les établissements hôteliers, de vérifier l’identité et la situation administrative des personnes concernées et de renforcer la collaboration entre les services de sécurité et les autorités locales.
Les forces vives de Mahagi appellent ainsi les autorités compétentes à faire respecter la décision de l’administrateur militaire ainsi que les dispositions légales encadrant l’exercice du petit commerce par les étrangers sur l’ensemble du territoire de Mahagi.
Jean-Maurice Udaga




