La Société civile du Congo (SOCICO), sous-coordination de la chefferie des Panduru, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une déclaration faite le vendredi 20 mars à Mahagi, dans la province de l’Ituri. Elle dénonce la pratique croissante liée à l’extraction des amulettes par certains guérisseurs, devenue selon elle une source d’appauvrissement de la population.
D’après cette organisation, plusieurs cas ont été enregistrés en territoire de Mahagi, où des détenteurs de gris-gris sont contraints de verser des sommes importantes pour leur extraction, notamment lorsque ces objets sont perçus comme nuisibles à la communauté.
« Cette pratique appauvrit davantage la population. L’extraction d’une amulette peut coûter entre 4 et 5 millions de shillings ougandais, soit environ 1 300 dollars américains. Les propriétaires, souvent des chefs de famille, sont amenés à vendre leurs parcelles, leur bétail et d’autres biens de valeur, compromettant ainsi la scolarisation de leurs enfants », a alerté Awinyo Fenge Fenge.
Face à cette situation, la SOCICO recommande la mise en place de mesures contraignantes, ainsi que la vulgarisation des textes réglementaires afin de restaurer un climat de paix et de cohésion sociale.
L’organisation appelle également les autorités coutumières, locales, provinciales et nationales à encadrer strictement cette pratique, notamment en fixant une nomenclature claire des coûts liés à l’extraction des amulettes. Elle insiste en outre sur la nécessité de contrôler les activités des guérisseurs.
« Nous attirons l’attention de la population sur les risques liés à l’usage de ces pratiques, dont les finalités sont parfois ambiguës et peuvent entraîner des conséquences graves, y compris des pertes en vies humaines. Il est essentiel de renforcer le contrôle des personnes impliquées dans la fabrication de ces amulettes », a-t-il ajouté.
Des pratiques aux multiples usages, mais aux conséquences controversées
Dans certaines communautés nilotiques, la possession d’amulettes répond à des croyances variées selon les catégories sociales. Hommes et femmes y recourent pour diverses raisons, notamment la protection, l’influence sociale ou encore la réussite économique.
Ainsi :
- les éleveurs les utilisent pour protéger et favoriser la croissance du bétail ;
- les agriculteurs pour sécuriser leurs champs et améliorer les récoltes ;
- certaines femmes pour renforcer leur emprise au sein du foyer ;
- certains hommes pour gérer des situations familiales complexes, notamment en contexte de polygamie ;
- les commerçants pour attirer la clientèle et stimuler leurs activités.
Cependant, selon plusieurs sages de la communauté, ces pratiques ne sont pas sans conséquences. Elles sont souvent associées à des effets néfastes tels que des divisions familiales, la méfiance, des conflits, voire des drames humains.
Dans la vie chrétienne, en revanche, la Bible condamne clairement les pratiques qui sont liées aux amulettes, telles que la sorcellerie, la magie, les fétiches et les objets censés conférer pouvoir ou protection en dehors de Dieu. Les amulettes détournent ainsi la confiance que l’on doit placer en Dieu.
Jean Maurice Udaga
