Les forces vives du territoire de Mahagi, en province de l’Ituri, sont passées à l’action ce lundi 20 juillet en procédant au démantèlement de plusieurs barrières qu’elles qualifient d’illégales et de lieux de rançonnement érigés par des agents de l’ordre, notamment la police de circulation routière (PCR).
Cette initiative intervient quelques jours après la publication d’une note d’indignation dans laquelle les organisations citoyennes dénonçaient la dégradation de la situation sécuritaire sous l’état de siège et accordaient un ultimatum de 72 heures aux autorités pour répondre à leurs revendications.
Selon le représentant des forces vives, ces barrières, censées contribuer à la sécurité, sont devenues des points de perception illégale d’argent au détriment de la population.
« Nous avons démantelé ces barrières parce qu’elles sont devenues des lieux de tracasseries et de récolte d’argent. Même les mamans qui partent au champ sont contraintes de payer de l’argent », a déclaré Deogratias Udaga Uthubowar, porte porte de la société civile de Mahagi.
Dans leur déclaration, les forces vives dénonçaient notamment les multiples tracasseries routières qu’elles attribuent à certains policiers et militaires. Elles accusaient ces derniers d’exiger systématiquement de l’argent aux usagers de la route, y compris aux agriculteurs et aux petits commerçants, sans véritable contrôle sécuritaire.
Au-delà des barrières de rançonnement, les organisations citoyennes avaient également dressé un bilan alarmant de l’insécurité à Mahagi, évoquant une succession de vols à main armée, de cambriolages, d’assassinats et l’absence d’enquêtes sérieuses sur plusieurs dossiers. Elles avaient appelé les autorités provinciales à redynamiser le dispositif sécuritaire, à sanctionner les responsables des abus et à mettre fin aux arrestations arbitraires ainsi qu’aux intimidations contre les dénonciateurs.
Les forces vives estiment que le démantèlement de ces barrières constitue un acte citoyen destiné à dénoncer des pratiques qu’elles jugent contraires à la mission des services de sécurité. Elles préviennent que d’autres actions pourraient être engagées si leurs revendications ne sont pas prises en compte.
Jusqu’à présent, les autorités administratives et les services de sécurité de Mahagi n’ont pas encore réagi publiquement à cette action ni aux accusations portées par les forces vives.
Jean Maurice Udaga




