Un nouveau rapport accablant du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) met en cause les milices CODECO/URDPC et le groupe armé Zaïre dans l’escalade des violences à caractère communautaire en Ituri. Meurtres ciblés, embuscades, massacres de civils et attaques de camps de déplacés se multiplient, nourrissant un cycle de représailles sanglant.
Plus de 500 civils tués à Djugu depuis septembre 2024
Depuis septembre 2024, le territoire de Djugu est redevenu l’épicentre du conflit entre la milice CODECO, principalement issue de la communauté Lendu, et les combattants du groupe Zaïre, affiliés à la communauté Hema. Le bilan est alarmant : plus de 500 civils ont été tués, parmi lesquels des femmes, des enfants et des nourrissons.
Le rapport affirme que la milice CODECO est responsable d’attaques planifiées, souvent à la machette, visant des civils et des camps de déplacés accusés de collusion avec l’ennemi. Certaines zones seraient soumises à des « taxes ethniques » imposées selon l’appartenance communautaire des habitants.
Djaiba : massacre en représailles
Le massacre de Djaiba, survenu en février 2025, illustre cette logique de représailles. Plus de 80 civils ont été tués dans et autour d’un camp de déplacés, en représailles à la mort de cinq membres de la communauté Lendu quelques jours auparavant. Le rapport indique que le groupe Zaïre utilise certains camps comme bases arrière, compromettant la sécurité des populations déplacées.
Checkpoints armés sur la RN27 : extorsion et exécutions
Sur la route nationale 27, des checkpoints armés à caractère ethnique se multiplient. Des civils Hema et Lendu y sont arrêtés, extorqués et parfois exécutés. Les convois humanitaires eux-mêmes ne sont plus épargnés, compromettant gravement l’acheminement de l’aide d’urgence.
Un accord de cessez-le-feu sans effet immédiat
Malgré la signature, le 28 juin 2025 à Aru, d’un accord de cessation des hostilités entre six groupes armés opérant en Ituri, les violences continuent. Le rapport pointe l’absence de mécanismes de mise en œuvre et la fragilité des engagements dans un climat de méfiance généralisée.
La population civile continue de payer le prix fort. Sans justice, sans protection et face à la faible présence de l’État, la paix reste une perspective lointaine.
Heri Budjo Joël
