Au moins 16 civils ont été tués mercredi lors d’une attaque attribuée à des miliciens dans le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, selon des sources de la société civile.
L’attaque s’est produite tôt dans la matinée du 11 mars dans le groupement de Dhendro, en chefferie des Bahama Nord. Des hommes armés assimilés à la milice de la Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO) ont pris d’assaut plusieurs localités vers 6 heures du matin, ont indiqué des sources locales.
Selon ces sources, les assaillants ont notamment visé les villages de Dhendro, Ngle, Djaiba et Sombuso, où des habitants ont été surpris dans leurs habitations, dans leurs champs ou alors qu’ils tentaient de fuir.
La coordination provinciale de la société civile évoque un bilan provisoire de 16 morts. « Nous condamnons énergiquement l’assassinat de 16 personnes par des présumés membres de la CODECO », a déclaré Dieudonné Lossa, responsable de la société civile en Ituri.
Selon lui, les assaillants, armés de machettes et d’armes à feu, ont mené des attaques simultanées dans plusieurs localités du territoire de Djugu. Quatre personnes ont été tuées à Mbaa, sept à Dhendro et cinq à Gokpa, dans le secteur de Walendu Pitsi. Parmi les victimes
figurent quatre femmes et sept enfants. Certaines personnes ont été tuées à la machette, d’autres par balle, selon la même source. Du bétail aurait également été pillé lors de l’attaque.
Le président des jeunes de la chefferie des Bahama Nord, Logo Bamaraki, indique que les victimes sont en majorité de déplacés qui étaient retournés dans leurs villages pour se ravitailler en vivres et travailler dans leurs champs.
Contacté par la presse, Dhetsina Ndjaba Germain, membre de la société civile du groupement Dhendro, a indiqué que les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuelles autres victimes.
« Les habitants continuent de fouiller la zone et les environs pour retrouver d’autres corps », a-t-il déclaré, évoquant une situation humanitaire préoccupante.
D’autres sources dans la région font état d’un bilan pouvant atteindre 25 morts et rapportent que l’attaque a provoqué un mouvement de panique dans plusieurs localités voisines, où des familles ont fui leurs villages par crainte de nouvelles violences.
La société civile appelle les autorités à renforcer les dispositifs sécuritaires dans la zone et à prendre des mesures urgentes pour mettre fin aux attaques contre les civils.
Aucune réaction officielle n’était disponible dans l’immédiat du côté des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui n’ont pas encore communiqué sur les circonstances de l’incident ni confirmé le bilan avancé par les sources locales.
Heri Budjo Joël




