Trois civils ont été tués mardi 29 septembre 2026 dans l’après-midi au centre de Kparnganza, situé sur la route Katoto – Largu – Drodro, dans le territoire de Djugu, en Ituri. La milice URDPC/CODECO, qui reconnaît l’implication de l’un de ses éléments dans cet incident, appelle les communautés concernées au calme.
Dans un message d’apaisement publié jeudi 1er octobre sur les réseaux sociaux et adressé à l’opinion publique, la CODECO affirme que les tirs ont été perpétrés par l’un de ses combattants qui se trouvait, selon elle, en état d’ivresse.
D’après cette version, les victimes sont deux hommes qui réparaient leur véhicule ainsi qu’un chauffeur de taxi-moto qui revenait de Tsalaka en direction de Bunia.
L’URDPC/CODECO indique que l’auteur présumé des tirs a été arrêté et fait actuellement l’objet d’une audition afin de déterminer les circonstances et les motivations de son acte.
La route reliant Katoto à Largu-Drodro, en passant par Kparnganza, constitue un axe important pour le ravitaillement en produits agricoles et la desserte de plusieurs zones rurales. Elle était jusque-là ouverte à la circulation après les violences enregistrées antérieurement.
Tout en présentant « ses condoléances aux familles des victimes », l’URDPC/CODECO appelle les communautés touchées à l’apaisement et demande que cet incident ne soit pas communautarisé.
« Pour l’URDPC/CODECO, il s’agit d’un acte individuel et il ne faut pas communautariser le fait », affirme Isaac Rehema, porte-parole de ce groupe armé, dans ce message.
Une reconnaissance inhabituelle
Ce message figure parmi les rares communications publiques de la milice CODECO reconnaissant l’implication de l’un de ses combattants dans un acte ayant entraîné la mort de civils depuis le début des violences armées en Ituri en 2017.
Cette déclaration intervient dans le contexte des assises de paix d’Aru 2, qui avaient réuni plusieurs groupes armés actifs en Ituri, à l’exception de la CRP. À l’issue de ces rencontres, les participants avaient pris des engagements en faveur de la cessation des attaques contre les civils et de la poursuite du processus de paix.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
La nouvelle attaque intervient alors que les tensions restent vives dans plusieurs villages du territoire de Djugu, notamment sur fond d’affrontements entre des combattants de la CRP et ceux de la CODECO.
Plusieurs zones ont été affectées par ces violences, notamment le centre de Largu ainsi que les sites de déplacés de Rhoo et de Gina. Des civils, craignant pour leur sécurité, ont trouvé refuge auprès des bases de la MONUSCO.
Pour l’heure, la circulation demeure timide sur plusieurs axes routiers de la région. Des notables Hema et Lendu ainsi que des acteurs politiques locaux appellent les groupes armés à respecter leurs engagements unilatéraux de cessez-le-feu et à garantir la sécurité et la quiétude des populations, déjà durement éprouvées par plusieurs années de violences.
La Rédaction




