À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le chef du bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Bunia, Emmanuel Costin, a lancé un appel pressant à l’action collective face à la recrudescence des crises humanitaires en République démocratique du Congo, et plus particulièrement dans la province de l’Ituri.
Lors d’une rencontre avec les acteurs humanitaires et les représentants locaux, Costin a souligné l’urgence de protéger les civils et de garantir un accès sécurisé à l’aide humanitaire dans un contexte marqué par l’insécurité chronique et une précarité grandissante.
“Agir pour l’humanité, c’est aussi veiller à ce que ces personnes ne soient pas blessées pendant qu’elles reçoivent de l’aide”, a-t-il déclaré, évoquant le sort des civils pris au piège des conflits armés, y compris ceux qui souhaitent déposer les armes mais se retrouvent sans protection ni assistance.
Le thème de cette année, Agir pour l’humanité, dépasse le cadre des seuls travailleurs humanitaires. Il interpelle l’ensemble de la société : citoyens, leaders communautaires, institutions publiques et privées.
“Chacun doit contribuer selon ses capacités, son rôle, sa fonction. Il faut diffuser le message de protection des civils et de respect de l’accès humanitaire”, a insisté Emmanuel Costin.
Bien qu’aucun décès de personnel humanitaire n’ait été enregistré en Ituri cette année, les agressions, actes de torture et entraves à leur mission se multiplient.
“Les humanitaires doivent être protégés par toutes les parties en conflit. Ils ne doivent pas être associés aux groupes armés ni pris pour cible”, a-t-il rappelé.
La crise financière mondiale pèse lourdement sur les opérations humanitaires. Les ressources disponibles sont insuffisantes pour répondre aux besoins croissants sur le terrain.
“Leur contribution est vitale pour soulager les souffrances des plus vulnérables”, a affirmé Costin, appelant les donateurs à maintenir leur soutien.
Le chef du bureau OCHA a également dressé un tableau sombre des conséquences du conflit sur les services essentiels :
- Des femmes meurent en couches, faute d’accès aux soins.
- Des enfants sont privés d’éducation, déplacés ou enrôlés dans des groupes armés.
- Les écoles sont détruites ou occupées, les enseignants et soignants fuient les zones à risque.
- Les médicaments sont pillés, les convois humanitaires attaqués.
Son message final est sans équivoque :
“Nous ne devons pas attendre. Il faut agir maintenant. Cette année, les financements sont faibles. L’année prochaine, rien n’est garanti. Il faut agir pour prévenir les causes des crises humanitaires en Ituri et ailleurs.”
Dans un contexte aussi fragile, l’appel lancé depuis Bunia résonne comme un cri d’alerte. Il rappelle que l’action humanitaire n’est pas une option, mais une nécessité. Derrière chaque intervention, il y a une vie à sauver, une dignité à préserver.
Eugène Laro




