La province de l’Ituri a accueilli la cérémonie officielle de remise et reprise marquant le changement de commandement à la tête de l’administration militaire. À cette occasion, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, gouverneur militaire sortant, a dressé le bilan de ses cinq années de gestion sous l’état de siège, revenant sur les actions menées dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement.
Dans son allocution, Johnny Luboya Nkashama a rappelé qu’il avait pris ses fonctions dans un contexte marqué par une forte insécurité, avec la présence de nombreux groupes armés actifs dans plusieurs territoires de l’Ituri. Selon lui, la combinaison des opérations militaires et des initiatives de dialogue a contribué à réduire l’intensité des violences dans plusieurs zones autrefois instables.
Il a notamment évoqué l’affaiblissement de plusieurs groupes armés, mettant en avant les processus de reddition, de désarmement et de réinsertion de certains combattants. D’après lui, la situation sécuritaire s’est progressivement améliorée, même si des foyers d’insécurité subsistent encore dans certaines parties du territoire de Djugu ainsi que dans des zones frontalières.
Concernant la menace des rebelles ADF, l’ancien gouverneur militaire a indiqué que les opérations conjointes menées par les forces de sécurité ont permis de réduire leur capacité de nuisance dans plusieurs localités de la province. Il a toutefois reconnu la persistance d’attaques sporadiques attribuées à ce groupe armé.
Sur le plan administratif et financier, Johnny Luboya Nkashama a affirmé que plus de 1,6 million de dollars américains de recettes locales ont été mobilisés au cours de son mandat. Selon lui, ces ressources, collectées notamment avec l’appui de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et grâce à différents mécanismes fiscaux provinciaux, ont servi à financer des projets d’infrastructures ainsi que le fonctionnement de l’administration.
Il a également mis en avant plusieurs réalisations dans le domaine des infrastructures, citant la réhabilitation et la construction de routes, ainsi que l’exécution de divers travaux publics à Bunia et dans ses environs. Parmi les ouvrages réalisés figurent également des bâtiments administratifs et des infrastructures sanitaires, notamment la clôture de l’Hôpital général de référence de Bunia.
Sur le plan de la gouvernance, le lieutenant-général Luboya a défendu une gestion fondée sur la continuité administrative et la transparence, soulignant sa collaboration avec les services techniques de l’État ainsi qu’avec les opérateurs économiques locaux.
Évoquant la gestion des conflits, il a rappelé avoir privilégié une approche mixte combinant actions militaires contre les groupes armés réfractaires et dialogue avec ceux disposés à déposer les armes. Il a néanmoins assuré que les opérations de sécurisation se poursuivront jusqu’au rétablissement total de l’autorité de l’État dans les zones encore affectées par l’insécurité.
Dans une séquence plus politique de son intervention, l’ancien gouverneur militaire a soutenu que certaines violences enregistrées en Ituri auraient été planifiées par des réseaux organisés. Il a affirmé disposer d’éléments documentés à ce sujet, sans toutefois en présenter publiquement les preuves lors de la cérémonie.
Abordant la situation humanitaire, il a plaidé pour le retour progressif des personnes déplacées dans leurs villages d’origine, estimant que l’amélioration de la situation sécuritaire permet désormais une reprise progressive des activités dans plusieurs localités.
En conclusion, Johnny Luboya Nkashama a exhorté la nouvelle équipe dirigeante à poursuivre les efforts engagés en matière de sécurité, de gouvernance et de développement. Il a salué l’implication des forces armées, des services de sécurité et des partenaires institutionnels qui ont accompagné l’administration militaire durant les cinq années de l’état de siège en Ituri.
Heri Budjo Joël.




