
Dans un climat sécuritaire toujours fragile dans l’est de la République démocratique du Congo, les chefs coutumiers du territoire d’Aru, en province de l’Ituri, ont fermement dénoncé toute tentative de déstabilisation menée par des groupes armés actifs dans la région.
Réunis mercredi lors d’une rencontre officielle avec le commandant du secteur opérationnel des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en Ituri, les autorités traditionnelles ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans leurs chefferies.
« Nous ne tolérerons aucune présence de groupes armés ni aucune manœuvre visant à perturber l’ordre public », ont déclaré plusieurs chefs coutumiers à l’issue des discussions.
Ils ont également salué les efforts des autorités militaires sous le régime de l’état de siège, en vigueur dans la province depuis mai 2021, visant à endiguer l’activisme persistant des groupes armés.
Situé à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, le territoire d’Aru a jusqu’ici été relativement épargné par les violences qui ravagent d’autres parties de l’Ituri, telles que Djugu et Irumu, où des groupes armés comme la CODECO, les ADF et diverses milices communautaires continuent de semer l’insécurité.
Cependant, la proximité géographique d’Aru avec plusieurs corridors de contrebande et de circulation transfrontalière expose la région à des risques accrus d’infiltration armée et de déstabilisation par des acteurs criminels et politico-militaires cherchant à étendre leur influence.
Face à ces menaces, les autorités coutumières jouent un rôle central de médiation et de stabilisation au sein des communautés locales. Leur soutien affiché aux forces loyalistes constitue un signal fort en faveur de la consolidation des acquis sécuritaires dans cette zone stratégique.
Le commandant du secteur opérationnel de l’Ituri a, de son côté, salué la collaboration proactive des chefs coutumiers et réaffirmé l’engagement de l’armée à poursuivre les opérations de sécurisation, en partenariat avec les autorités locales et la population.
Malgré les offensives militaires et le soutien international, la situation sécuritaire en Ituri demeure volatile. Les cycles de violence ont causé la mort de milliers de personnes et entraîné le déplacement de centaines de milliers d’habitants ces dernières années.
Dans ce contexte, l’implication des acteurs coutumiers aux côtés de l’État apparaît comme un levier essentiel pour contenir l’expansion des conflits armés dans la province.
Rédaction
