Les habitants de Kafe, dans la chefferie des Bahema Nord (Djugu, Ituri), retrouvent progressivement leur village après plusieurs mois marqués par les attaques des miliciens de la CODECO et les affrontements entre les FARDC et la milice CRP de Thomas Lubanga. Si le retour de la population redonne espoir, les besoins humanitaires restent immenses.
Le chef du village de Kafe, Paul Gombi, se réjouit du retour progressif des habitants et lance un appel à ceux qui sont encore réfugiés en Ouganda ainsi qu’aux déplacés installés à Tchomia, Kasenyi et dans d’autres localités à revenir afin de participer à la reconstruction de leur village.
« La sécurité est déjà là. Nous invitons tous ceux qui ont fui à rentrer pour reconstruire ensemble Kafe », déclare-t-il.
Cependant, il souligne que les familles retournées vivent dans des conditions extrêmement précaires. Leurs habitations ont été incendiées lors des attaques des groupes armés, les obligeant à dormir à la belle étoile, sans nourriture ni abri. Il plaide pour une assistance urgente en vivres, en abris, en articles ménagers essentiels, ainsi qu’en outils agricoles et matériels de pêche afin de relancer les moyens de subsistance. Il appelle également les autorités à rétablir les services de base, notamment les structures sanitaires.
Même plaidoyer du côté de Maurice Upio, chef du camp de Kafe, qui rappelle que l’agriculture et la pêche constituent les principales activités économiques de la population.
« Nous avons tout perdu pendant la guerre. Aujourd’hui, nous retournons dans notre village, mais nous n’avons presque rien pour recommencer notre vie. Nous avons besoin de matériels de pêche et d’outils agricoles », insiste-t-il.
Selon les autorités locales, plus de 1 000 habitants ont déjà regagné Kafe. Les activités commerciales reprennent progressivement, notamment le marché local. Située sur les rives du lac Albert, Kafe demeure l’une des localités stratégique du territoire de Djugu pour l’approvisionnement de Tchomia, Kasenyi et d’autres coins de la région, en produits agricoles, un rôle que les habitants espèrent voir pleinement restauré avec le retour de la paix.
La Rédaction
