Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, est en proie à une insécurité croissante. La Coordination de la Convention pour le Respect des Droits de l’Homme (CRDH/Mambasa) alerte sur la présence d’au moins 18 groupes armés actifs dans plusieurs entités locales, plongeant les populations dans une peur constante et aggravant la crise humanitaire.
Selon les données documentées par l’organisation, 12 groupes armés opèrent dans le groupement de Bakaheku, 4 dans celui de Bangole et 2 dans la chefferie de Babila Bakwanza. Ces milices, pour la plupart issues du Nord-Kivu bastion du M23 et des ADF-NALU se sont progressivement implantées à Mambasa, transformant la région en un nouveau foyer de violences.
Une population livrée aux exactions
La CRDH affirme que ces groupes armés contrôlent plusieurs carrés miniers et axes commerciaux stratégiques. Ils exploitent illégalement l’or, le coltan et le bois, imposent des taxes illicites et se rendent coupables de graves violations des droits humains : enlèvements, tortures, meurtres et pillages.
Parmi les cas récents, l’organisation cite l’arrestation arbitraire de deux civils le 5 janvier 2026 à Mamulembo, par des éléments se réclamant des Wazalendo. L’un des deux aurait succombé à des actes de torture dans un lieu de détention clandestin, sans qu’aucune enquête n’ait été ouverte.
Le 15 janvier, un agriculteur connu sous le nom de Dona a été enlevé dans son champ à Kibenete, près de Biakato. Son sort demeure inconnu. Trois jours plus tard, deux factions armées se sont affrontées au carré minier d’Elota, dans le groupement de Bakaheku, provoquant des pertes en vies humaines et le pillage d’importantes quantités d’or.
Une économie de guerre bien installée
Pour la CRDH, la présence de ces 18 groupes armés a instauré une véritable économie de guerre. Les ressources naturelles servent à financer l’achat d’armes et à entretenir les combattants, tandis que les civils sont contraints de fuir ou de vivre sous la menace permanente.
« Mambasa devient un territoire abandonné à des forces prédatrices. Les habitants n’ont plus accès libre à leurs champs, aux routes ni aux marchés. L’État doit reprendre le contrôle », alerte l’organisation.
Appel à une réponse urgente
Face à cette situation, la CRDH/Mambasa appelle les autorités congolaises à une action immédiate : traquer les 18 groupes armés identifiés, ouvrir des enquêtes sur les crimes commis, protéger efficacement les civils et démanteler les réseaux d’exploitation illicite.
« La population de Mambasa a droit à la paix. Nous ne pouvons pas accepter que 18 groupes armés décident de la vie ou de la mort des citoyens », a déclaré Ram’s Malikidogo, coordonnateur de la CRDH/Mambasa.
L’organisation plaide également pour un renforcement de la présence des FARDC et la mise en œuvre d’un programme de désarmement, sans quoi le territoire risque de sombrer durablement dans le chaos.
Heri Budjo Joël




