Alors que les affrontements s’intensifient dans le territoire de Djugu, en Ituri, la voix du député national Iracan Gratien de Saint-Nicolas s’élève comme un cri d’alarme. Dans un communiqué publié le samedi 19 juillet 2025, l’élu de Bunia-ville accuse le Gouvernement central de faire preuve de « laxisme » face aux crimes de masse et exige des mesures urgentes pour protéger les civils.
Depuis le 13 juillet, des combats sanglants entre les FARDC et la milice CRP ont causé au moins huit morts, blessé des dizaines de personnes, et provoqué un déplacement massif des populations à Dja-Dja, Iga-Barrière, Lopa et Miala. Plusieurs habitations et infrastructures publiques ont été détruites ou incendiées.
Malgré l’état de siège instauré en mai 2021, la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer. « Le Gouvernement a échoué à faire de l’Ituri une priorité nationale. L’état de siège est devenu un simulacre de protection », déplore Iracan, dénonçant une gouvernance « déconnectée des réalités du terrain ».
L’élu pointe également du doigt l’absence d’enquêtes judiciaires, alors que des témoignages évoquent la possible complicité de certains militaires avec des groupes armés. « Ce climat d’impunité alimente l’insécurité structurelle et désintègre l’autorité de l’État », martèle-t-il.
Dans son communiqué, le député formule plusieurs revendications claires :
- L’arrêt immédiat des hostilités par toutes les forces armées et groupes armés ;
- L’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations des droits humains, y compris celles commises par les forces régulières ;
- Un plan de sortie de l’état de siège et le retour progressif à une administration civile ;
- Une mobilisation nationale et diplomatique pour désarmer et juger les auteurs des violences.
Alors que Kinshasa concentre ses efforts diplomatiques sur les pourparlers avec le Rwanda et le M23, Iracan fustige « l’abandon de l’Ituri ». « Le peuple de l’Ituri n’est pas une variable d’ajustement politique. Le silence des institutions est une trahison », affirme-t-il, en appelant la communauté internationale à agir pour prévenir un conflit communautaire généralisé.
Réélu député national et membre de l’opposition républicaine, Iracan Gratien de Saint-Nicolas confirme à travers cette prise de parole son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2028. Il affiche une ambition claire : « restaurer la dignité, l’égalité et la prospérité » pour toutes les provinces marginalisées du pays.
Heri Budjo Joël
