La lutte contre la fraude minière s’intensifie en Ituri. Réunis lundi au gouvernorat, les responsables de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), la DGRPI, la Division provinciale des Mines ainsi que les principaux opérateurs miniers ont adopté de nouvelles mesures pour encadrer la commercialisation de l’or.
Sous la supervision du gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny, la rencontre a débouché sur une décision forte: toute la production aurifère locale devra être vendue exclusivement dans les comptoirs agréés. « Toutes les matières aurifères produites localement doivent désormais être vendues dans les comptoirs agréés. », a déclaré Christophe Lonema Mukwa, président de la FEC en Ituri.
Il a dénoncé les pertes subies par la province et par la RDC en raison de la fraude : « L’Ituri a été humiliée, pas seulement l’Ituri, mais la RDC en général, parce que l’Ituri est la province aurifère. Alors, nous ne devons pas rester muets. »
Encadrement strict des opérateurs
Le président de la FEC a rappelé les obligations légales : « Tous les opérateurs miniers doivent être en ordre vis-à-vis de l’État. Les négociants doivent avoir leur carte, les exploitants leur carte de creuseur, les coopératives leur agrément. Toute la production doit être canalisée vers les comptoirs agréés. »
Il a également mis en garde contre les services non habilités qui « étouffent le secteur des mines » et annoncé des assignations de quotas selon les capacités des opérateurs. Les sanctions prévues incluent le retrait d’agréments et la fermeture des maisons d’achat en cas de non-respect.
Quotas et contrôle renforcé
Le chef de la Division provinciale des Mines, Félix Abedi, a précisé les quotas mensuels : « Le négociant de catégorie A doit livrer plus de 1 kg au comptoir agréé, la catégorie B au moins 500 g. Les coopératives disposant de 1 à 10 machines doivent déclarer un minimum de 2,5 kg par mois. »
Il a dénoncé les pratiques frauduleuses de certaines coopératives refusant la présence des agents de contrôle : « C’est là où nous avons compris qu’ils fraudeaient. Ils amenaient de l’or qui n’était pas dans les circuits formels. »
Mobilisation pour le développement
La FEC insiste sur la nécessité de canaliser toute la production vers les comptoirs agréés, dont DRC Gold, afin que « l’or de l’Ituri profite aux Ituriens ». La province compte actuellement près de 80 coopératives minières actives.
Jonas Mukonkole




