L’Association culturelle ENTE, qui regroupe des membres de la communauté Hema, annonce la suspension de sa participation au mécanisme de dialogue intercommunautaire pour la paix en Ituri. Son président national, Me Jean-Claude Ngadjole Ate enyi, dénonce la persistance des violences attribuées à la milice URDPC/CODECO contre des civils Hema dans le territoire de Djugu et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations.
Dans un communiqué publié mardi 13 octobre 2026 à Bunia, ENTE estime que les actions de sensibilisation et les rencontres entre les représentants des communautés n’ont pas permis de mettre fin aux exactions dénoncées. L’association fait notamment état de tueries sur les routes et dans les sites de déplacés, de pillages, de vols de bétail, d’incendies, de destructions de champs et de viols collectifs.
Depuis le mois de septembre, plus de 30 personnes auraient été tuées dans plusieurs villages du territoire de Djugu. Entre le 1er et le 12 octobre, au moins 15 personnes auraient péri dans des attaques attribuées aux miliciens de la CODECO, dont 11 à Maze et quatre à Rhoo, dans la chefferie de Bahema Nord.
Le président national d’ENTE déplore également le non-respect présumé des engagements pris dans le cadre du processus d’Aru 2 par différents groupes armés, dont la CODECO. Ces engagements portaient notamment sur la cessation des tueries, la libre circulation des personnes et de leurs biens, ainsi que le retour des chefs coutumiers dans leurs entités d’origine.
Malgré les rencontres entre les responsables communautaires et les démarches menées au sein du Groupe d’interaction intercommunautaire pour la pacification et la paix (GIIPP), l’association affirme que les violences persistent. Elle regrette également ce qu’elle considère comme un manque d’accompagnement de l’État, susceptible, selon elle, de compromettre l’efficacité de ce mécanisme de paix.
Face à cette situation, le directoire national d’ENTE annonce la suspension de sa participation au GIIPP jusqu’à ce que des solutions concrètes soient trouvées aux problèmes sécuritaires auxquels sont confrontées les populations concernées.
L’association appelle ainsi les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour prévenir de nouvelles attaques contre les civils dans le territoire de Djugu.
Cette décision intervient alors que les initiatives de pacification en Ituri restent confrontées à la persistance des violences armées. Le communiqué transmis ne fournit pas de bilan chiffré des victimes. Aucune réaction de la CODECO n’y est mentionnée.
Heri Budjo Joël




