La disparition de Maki Baraka Amos, général autoproclamé du groupe d’autodéfense des communautés victimes, survenue jeudi 20 novembre dans un accident de circulation en Ouganda, met fin au parcours d’un personnage à la fois influent et controversé du conflit en Ituri. Mentionné à plusieurs reprises dans des rapports des Nations Unies et soupçonné, selon des sources sécuritaires, d’avoir récemment rejoint la rébellion de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga, son parcours demeure marqué par de nombreuses zones d’ombre.
Pourtant, au-delà de ces accusations, Baraka Amos a joué un rôle déterminant dans la dynamique de pacification en Ituri. En janvier 2025, il avait étonné de nombreux observateurs en facilitant la reddition d’environ 600 ex-combattants du groupe Zaïre auprès du Programme national de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRC-S), accompagnée de la remise de plusieurs centaines d’armes. Une étape clé pour une milice longtemps considérée comme l’une des plus radicalisées du territoire de Djugu.
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Cette impulsion s’est ensuite renforcée : à ce jour, plus de 1 000 combattants issus de divers groupes d’autodéfense ont officiellement intégré le processus de désarmement, grâce notamment aux engagements pris par Baraka Amos avant son décès. Selon plusieurs sources administratives locales, il avait multiplié des rencontres discrètes avec les autorités civiles et militaires pour encourager la démobilisation.
Son implication dans le dialogue inter-groupes armés d’« Aru 2 », organisé dans le territoire d’Aru, demeure l’un des signaux les plus marquants de son rapprochement avec le gouvernement congolais. Il y avait signé un acte d’engagement pour la paix, contribuant à réduire les tensions entre plusieurs factions locales.
Malgré un passé lourd d’accusations et de polémiques, son apport tardif mais concret au désarmement, à l’apaisement des violences et à la réconciliation avec l’État congolais est aujourd’hui reconnu par plusieurs acteurs de la société civile.
Sa disparition soudaine laisse un vide dans un processus de paix encore fragile. Elle rappelle toutefois que, même au cœur des conflits les plus complexes, peuvent émerger des initiatives inattendues, capables de raviver l’espoir d’un retour durable à la paix en Ituri.
Heri Budjo Joël
