Les tensions verbales montent en Ituri après de graves accusations formulées par l’armée contre plusieurs figures politiques locales. Dans une déclaration relayée par les canaux des FARDC, le porte-parole du secteur opérationnel Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, a affirmé que d’anciens responsables politiques, dont l’ex-sénateur John Tibasima Bogemu Atenyi et l’ancien député national Raymond Tchedya Patae, auraient pris part à une réunion à l’étranger visant à préparer une nouvelle rébellion contre la province.
Selon ces accusations, cette rencontre aurait eu pour objectif de déstabiliser l’Ituri et même d’attenter à la vie du gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama. « Dans cette réunion qu’ils ont organisée pour déstabiliser la province et tuer physiquement le gouverneur militaire, ils se sont divisés en deux groupes », indique l’armée.
Des sources sécuritaires évoquent également une prétendue structuration d’un projet insurrectionnel impliquant plusieurs personnalités politiques et des éléments armés. Selon les mêmes sources, ces acteurs auraient exprimé leur volonté de « s’unir pour détruire l’Ituri en peu de temps afin de changer le gouverneur militaire ».
L’armée affirme que les participants auraient été répartis en deux groupes. Le premier serait composé de membres de la CRP, notamment Thomas Lubanga et un officier déserteur des FARDC identifié comme Lobho Pitsi. Le second regrouperait de nouvelles figures politiques, parmi lesquelles John Tibasima Bogemu Atenyi et Raymond Tchedya, aux côtés d’autres personnes citées comme Marine, Maseva, Bosco et Motu Muke.
Toujours selon le lieutenant Jules Ngongo, certains participants auraient accusé les autorités provinciales d’être responsables de violences communautaires et d’exploitation illicite des ressources naturelles de l’Ituri.
Raymond Tchedya rejette catégoriquement les accusations
Ces allégations sont fermement contestées par l’un des principaux concernés. Dans un message audio largement partagé sur les réseaux sociaux, Raymond Tchedya dément toute implication dans un projet de déstabilisation.
« Ils ne connaissent pas les clauses des rencontres que nous avons organisées à Kampala, alors ils tâtonnent. Tout ce qu’ils racontent est faux. Nous étions avec le gouvernement congolais et le gouvernement ougandais. Nous n’avons mené aucune conspiration contre Luboya », affirme-t-il.
L’ancien député précise que les discussions tenues à Kampala portaient exclusivement sur la recherche de solutions pour restaurer la paix en Ituri.
« Nous avons parlé de la paix, de la manière de ramener la paix en Ituri. Voilà la vraie information », insiste-t-il.
Raymond Tchedya conclut en dénonçant l’attitude du gouverneur militaire : « Je regrette qu’il n’a pas le respect envers l’homme iturien. »
Un climat politique de plus en plus tendu
Cette nouvelle controverse illustre la crispation persistante entre l’administration militaire et certaines élites politiques de la province, dans un contexte sécuritaire toujours fragile marqué par la présence de groupes armés et les tensions communautaires.
L’état de siège, instauré depuis 2021 par le président Félix Tshisekedi pour restaurer l’autorité de l’État et mettre fin aux violences des groupes armés, fait face à de nombreux défis pour atteindre ses objectifs.
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