Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba a été le premier à recevoir le vaccin Ervebo, samedi 19 septembre, lors du lancement de la vaccination expérimentale contre la maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo.
« Notre devoir collectif est de prévenir et de protéger la population contre cette maladie. Aujourd’hui, une nouvelle étape est franchie avec le lancement de la vaccination expérimentale contre le virus Ebola Bundibugyo », a déclaré le gouverneur, présentant cette opération comme une nouvelle étape dans la riposte contre l’épidémie.
Le Dr Steve Ahuka, Incident Manager de la riposte nationale, a toutefois précisé que cette vaccination s’inscrit avant tout dans une démarche de recherche scientifique visant à déterminer le niveau de protection que pourrait offrir Ervebo contre le virus Bundibugyo.
« Le vaccin Ervebo que nous utilisons s’inscrit dans le cadre d’une recherche visant à produire des données scientifiques permettant de bien déterminer le niveau de protection qu’il pourrait apporter contre le virus de Bundibugyo », a expliqué le Dr Ahuka.
Selon lui, Ervebo est déjà connu pour son efficacité contre la souche Zaïre, mais son niveau d’efficacité contre Bundibugyo reste inconnu.
« Nous ne savons pas à quel pourcentage il pourrait être efficace contre la souche Bundibugyo. C’est comme cela que nous commençons par la recherche », a-t-il précisé.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise cependant qu’Ervebo est homologué contre la maladie à virus Ebola causée par la souche Zaïre, et non spécifiquement contre le virus Bundibugyo. Son utilisation dans le contexte actuel est donc hors indication.
« Cette démarche ne doit pas être interprétée comme la preuve que le vaccin protège déjà contre cette maladie. C’est pour cela que la recherche est nécessaire », a insisté la Dre Catherine Smallwood, gestionnaire de l’incident de l’OMS.
L’organisation rappelle également que plus de 2 000 personnes se sont déjà rétablies de la maladie à virus Ebola et souligne l’importance du suivi médical des personnes guéries, notamment en raison des séquelles qui peuvent persister après l’infection.
Médecins Sans Frontières (MSF) partage cette prudence scientifique. Selon la Dre Nana Mimbu, coordonnatrice de la recherche, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible contre la maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo.
Ervebo, utilisé contre la souche Zaïre, « pourrait offrir un certain niveau de protection croisée contre le virus Bundibugyo », explique-t-elle. Mais l’efficacité du vaccin contre cette souche « reste encore aujourd’hui incertaine et doit encore être démontrée ».
La vaccination sera ainsi accompagnée d’une étude observationnelle destinée à suivre les personnes vaccinées et à recueillir des données scientifiques sur l’impact potentiel d’Ervebo, notamment sur le risque d’infection et la mortalité liées au virus Bundibugyo.
Une vaccination ciblée sur les personnels fortement exposés
Pour cette première phase, la vaccination concerne principalement les personnels de santé et autres personnels de première ligne particulièrement exposés au virus.
Le Dr Ahuka souligne que leur protection est prioritaire en raison de leur rôle dans la surveillance de la maladie, la prise en charge des patients, les activités de laboratoire, le transport des dépouilles et les autres opérations essentielles à la riposte.
La participation à cette vaccination expérimentale est volontaire et conditionnée à un consentement libre, écrit et éclairé. Elle n’est donc pas obligatoire.
Le Laboratoire médical de Bunia et le Centre de traitement Ebola (CTE) Elekya au chef-lieu de l’Ituri, sont les premiers sites retenus pour cette opération. La vaccination devrait ensuite être progressivement étendue à d’autres zones touchées par l’épidémie.
Les autorités et les partenaires insistent par ailleurs sur le fait que la vaccination ne remplace pas les autres mesures de prévention et de contrôle. La surveillance et le respect des mesures de protection restent nécessaires, tandis que la recherche doit permettre de déterminer scientifiquement le niveau de protection éventuel d’Ervebo contre le virus Ebola Bundibugyo.
La Rédaction




