Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé début septembre l’étude BRAVO afin d’évaluer l’utilisation du vaccin ERVEBO auprès des travailleurs de première ligne exposés au risque de contamination par le virus Ebola. À Bunia, près de 900 personnes ont déjà été vaccinées depuis le 19 septembre, sur un objectif de 20 000 participants à l’échelle de cette étude.
Lors d’un café de presse organisé ce vendredi 9 octobre, MSF a rappelé qu’aucun vaccin n’est actuellement homologué spécifiquement contre la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC).
Développé contre la souche Zaïre du virus Ebola, le vaccin ERVEBO pourrait néanmoins offrir une protection croisée contre la souche Bundibugyo. Cette possibilité doit toutefois être démontrée scientifiquement, d’où la mise en place de l’étude BRAVO.
Selon Youssouf Kaboure, investigateur du site de l’étude à Bunia, les travailleurs de première ligne concernés comprennent notamment les personnes chargées de la recherche des contacts, les hygiénistes, les ambulanciers, le personnel soignant ainsi que les équipes responsables des enterrements dignes et sécurisés.
« Les personnes de première ligne sont toutes celles qui interviennent dans la riposte, notamment les investigateurs qui effectuent la recherche des contacts, les hygiénistes, les ambulanciers, ceux qui soignent et ceux qui assurent les enterrements dignes et sécurisés », a-t-il expliqué.
Il a également précisé que les femmes enceintes pouvaient participer à la vaccination dans le cadre de cette étude, avec un suivi particulier après l’administration du vaccin.
Menée en collaboration avec le ministère de la Santé de la RDC, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Africa CDC, Epicentre et d’autres partenaires scientifiques, l’étude BRAVO devrait durer entre neuf et douze mois. Le calendrier prévoit environ trois mois de vaccination, suivis d’au moins six mois de suivi des participants.
MSF souligne que la participation à cette démarche de recherche est volontaire. L’organisation rappelle également que la vaccination ne remplace pas les autres mesures de prévention et de lutte contre l’épidémie d’Ebola.
Denis Munguriek




