Sauf imprévu, ce 27 août 2025, la Cour de cassation de la RDC doit rendre son verdict dans l’affaire impliquant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. Une échéance très attendue par l’opinion publique, tant elle cristallise les enjeux de crédibilité et d’indépendance de la justice congolaise.
L’affaire Mutamba, au-delà de la personnalité politique qu’elle concerne, est devenue emblématique. Elle pose la question de la capacité des institutions judiciaires à trancher sans subir de pressions, à juger selon le droit et non en fonction des influences politiques du moment. Ancien ministre influent et controversé, Constant Mutamba divise autant qu’il intrigue.
Dans un contexte où la lutte contre l’impunité est érigée en priorité par le pouvoir en place, le traitement de ce dossier sera observé à la loupe. Un verdict perçu comme complaisant ou arbitraire ne ferait qu’alimenter le scepticisme d’une population déjà ébranlée par de nombreuses affaires classées ou politisées.
Ce procès dépasse donc la dimension individuelle : il constitue un véritable test de maturité pour la magistrature congolaise. Car l’État de droit ne se mesure pas à travers des discours, mais par des décisions judiciaires justes, claires et courageuses.
Quel que soit le jugement rendu, il devra être solidement fondé en droit, dûment motivé et respectueux des principes fondamentaux du procès équitable. C’est à ce prix que la justice pourra regagner la confiance des citoyens. Dans une République digne de ce nom, même un ancien ministre doit répondre de ses actes comme tout autre citoyen.
Lors de l’audience du 13 août 2025, le ministère public avait requis 10 ans de travaux forcés contre Constant Mutamba, assortis de 10 années supplémentaires d’inéligibilité à toute fonction publique après l’exécution de sa peine. Selon l’accusation, un virement de près de 20 millions de dollars (environ 17 millions d’euros) aurait été effectué dans le cadre d’un marché public irrégulier, attribué à une « entreprise de façade ».
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