A l’occasion de la Journée mondiale de la paix,e célébrée le dimanche 21 septembre dernier, l’organisation Ubuntu Panafrika a organisé à Bunia une activité de sensibilisation axée sur la construction locale de la paix en République démocratique du Congo (RDC). L’événement mettait en lumière le rôle central des Forces armées de la RDC (FARDC) dans cette démarche.
Selon Ubuntu Panafrika, la paix et la sécurité, devenues rares en RDC, ne s’offrent ni ne s’achètent. Elles ne peuvent être décrétées, mais doivent être bâties collectivement, en partenariat avec les FARDC. Lors de la cérémonie, les participants ont allumé des bougies selon leur appartenance ethnique, qu’ils ont ensuite remises symboliquement aux FARDC, en signe de soutien et de reconnaissance. Ce geste visait à affirmer que
« renforcer les FARDC, c’est créer les conditions de paix par et pour tous», a déclaré Me Fidèle Andera
L’organisation propose une approche inédite : le mariage civilo-militaire, présenté comme une stratégie de paix « par nous-mêmes et pour nous-mêmes ». Cette alliance entre civils et militaires viserait à garantir une sécurité durable, condition préalable à toute paix véritable.
« Par le mariage civilo-militaire, Ubuntu Panafrika fait d’une pierre deux coups : construire la sécurité par et pour tous, et faire germer les conditions de paix», a expliqué Me Fidèle Andera.
Pour Ubuntu Panafrika, l’armée incarne l’unité nationale. Sans une force dissuasive, toute tentative de paix demeure fragile et illusoire. L’orateur a dénoncé les illusions vendues aux Congolais depuis trois décennies :
« la paix par les groupes armés, la MONUSCO, les dialogues politiques ou interethniques, les brassages militaires, les élections et la démocratie libérale. Chaque fois, la paix promise n’est jamais venue, et les Congolais sont devenus des idiots utiles à leur propre anéantissement », a-t-il lancé.
Ubuntu Panafrika considère la sécurité comme le socle de la paix et du développement. Sans une armée forte, les accords de paix restent précaires et les troubles peuvent tout remettre en cause. L’organisation appelle les Congolais à redonner à l’armée sa place dans la construction de la paix. Une armée dissuasive permettrait aux communautés de prendre le risque du compromis et du vivre-ensemble, car la force de l’armée garantit l’exécution des engagements par toutes les parties. Ajoute Fidèle Andera
Me Fidèle Andera a également réfuté l’idée selon laquelle la RDC serait « malade de ses richesses ». Selon lui, cette croyance est néfaste car elle pousse les Congolais à mépriser leurs ressources, à se démobiliser et à les céder à vil prix.
« Le véritable malheur de la RDC, c’est l’irresponsabilité collective face à l’obligation de défendre le pays», a-t-il affirmé.
L’organisation a adressé une lettre ouverte au président de la République, sollicitant la création d’un programme national multisectoriel de lutte contre le terrorisme et l’insécurité.
« En RDC, il existe plusieurs programmes nationaux, mais aucun ne vise directement la sécurité participative», a regretté Ubuntu Panafrika.
Enfin, en réponse à ceux qui prônent la négociation avec les groupes rebelles, l’organisation conclut :
« La paix ne se signe pas à genoux. A genoux, on signe la soumission et la capitulation. La paix se signe debout et sans peur, car là où règne la peur, la paix se meurt. »
Eugène Laro




