Depuis plusieurs années, le territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri, est confronté à la consommation massive de boissons fortement alcoolisées et de stupéfiants, en particulier parmi les jeunes. Ces produits, souvent importés d’Ouganda, du Kenya ou fabriqués localement, sont accessibles à très bas prix, ce qui favorise leur large diffusion.
« Ces boissons coûtent moins cher, même à 500 shillings, soit 300 francs congolais, vous êtes déjà enivré. Les jeunes préfèrent les consommer car cela permet d’épargner de l’argent. La plupart de ceux qui en abusent présentent un état de santé médiocre. On peut voir un jeune homme de 20 ans paraître physiquement plus vieux qu’un père de 50 ans », témoignent des habitants rencontrés dans les rues de Mahagi.
Produits en circulation
Parmi les boissons les plus répandues figurent Kick, Okapi, Spear, Campfire, Mood Gin, Ambiance, 77, Capitaine Cook, Bishop, ICE, etc. À cela s’ajoutent des stupéfiants tels que le Marungi (feuille consommée crue), le Tina (coton imbibé de carburant inhalé) et le chanvre.
Une jeunesse en danger
La société civile locale alerte sur les conséquences dramatiques de ces pratiques : mariages précoces, grossesses non désirées, maladies sexuellement transmissibles, délinquance juvénile, abandon scolaire et perte de confiance en soi. « Les boissons fortement alcoolisées, les drogues et autres stupéfiants que les jeunes consomment ont des conséquences néfastes sur leurs vies. Que les parents et les autorités locales nous aident à stopper ce phénomène qui ronge la jeunesse », plaide Innocent Wabekudu, coordonnateur d’une structure citoyenne.
Les services de l’État pointés du doigt
La société civile accuse les services frontaliers et certains agents de sécurité d’être complices dans l’entrée et la commercialisation de ces produits. « Tous ces produits proviennent des pays étrangers. Nous avons des services attitrés à la douane et à la frontière qui doivent contrôler correctement l’entrée de ces boissons. Malheureusement, nous sommes alertés que ce sont parfois ces mêmes services qui participent au commerce en complicité avec des agents de sécurité. Ils doivent stopper cette pratique, sinon ils seront tenus responsables des maux qui rongent la jeunesse de Mahagi », dénonce Wabekudu.
Une vente incontrôlée
Ces produits sont disponibles dans des kiosques, des alimentations, des maisons d’habitation et dans des lieux de négoce à travers tout le territoire. Ils alimentent également des marchés nocturnes et des danses, accentuant les dérives sociales.
La société civile appelle à une prise de conscience collective et à une action ferme des autorités pour protéger une jeunesse en péril.
Jean Maurice Udaga




