La question de la représentativité de la communauté Alur au sein de la Direction Générale des Recettes de la Province de l’Ituri (DGRPI) suscite des tensions politiques et sociales. Elle fait suite à une déclaration controversée de Maître Deogratias Ufoymungu, président de la jeunesse Alur et vice-président de la communauté Alur de Bunia et ses environs, qui déplore l’absence de cadres issus de cette communauté dans les postes décisionnels de l’institution.
Une position aussitôt contestée par les Jeunes Notables de la République Démocratique du Congo, une structure basée à Mahagi, qui défendent une autre vision de la réalité locale.
Face à cette divergence, la société civile, force vive de Mahagi, appelle toutes les parties à faire preuve de responsabilité et de lucidité.
« Les Jeunes Notables n’ont pas tort et même Maître Deogratias Ufoymungu n’a pas tort. Le gouverneur militaire de la province de l’Ituri doit voir ce qui se passe à Mahagi. Ce territoire est l’un des plus rentables pour le trésor provincial et ne participe pas aux atrocités qui endeuillent l’Ituri. Les fils et filles de Mahagi accompagnent valablement le gouvernement », déclarent-ils dans un communiqué consulté par visibilitemediapro.cd.
Deogratias Udaga Uthubowar, porte-parole de la société civile de Mahagi, interpelle directement les responsables provinciaux et nationaux afin d’agir dans l’intérêt d’un territoire qu’il qualifie d’« un et indivisible ».
« Le territoire de Mahagi n’a jamais été victime de déviance. Si Me Deogratias Ufoymungu s’enflamme, ce n’est pas pour rien. Il agit au nom de la communauté Alur de Bunia et de la Jeunesse Alur. Le véritable problème, c’est ceux qui tirent les ficelles pour empêcher l’émergence de cette communauté. »
Il insiste sur l’importance économique de Mahagi pour la DGRPI :
« Mahagi est le seul territoire qui génère autant de recettes pour le trésor public. Je compte de jour comme de nuit les camions-citernes qui le traversent. Nous souffrons de tous les maux de l’Ituri. Me Deogratias a raison de se demander : faut-il prendre les armes pour espérer accéder à des postes de commandement ? Le gouverneur militaire doit s’emparer de cette question. »
Selon des observateurs indépendants, l’intervention du gouverneur militaire de l’Ituri est jugée incontournable pour garantir une représentativité équitable de la communauté Alur au sein de la régie provinciale.
Jean Maurice Udaga




